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Interpréter les temps verbaux

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Edited By Nelly Flaux, Dejan Stosic and Co Vet

N’arrose pas ton jardin. Dans une heure, il a plu. Cet énoncé, à la fois naturel et paradoxal, montre bien à quel point la description des temps verbaux relève souvent de la gageure: au linguiste, ici, d’expliquer ce qui permet d’utiliser le passé composé pour exprimer un fait du futur. Au linguiste aussi de démêler l’inextricable, chaque forme verbale étant prise dans un réseau de contraintes temporelles, aspectuelles et contextuelles ; d’expliquer les différences entre les systèmes des temps verbaux d’une langue à l’autre ou d’une même langue au cours de son évolution. Cette complexité empirique a forcément des conséquences sur les choix méthodologiques et théoriques à effectuer. Plus un fait de langue est riche et complexe, plus la nécessité de proposer et d’opposer les approches différentes s’impose. Un des objectifs de ce volume est précisément de permettre la confrontation de plusieurs cadres théoriques et de fournir l’occasion d’évaluer leur caractère opératoire sur un certain nombre de données particulièrement récalcitrantes.
Quelques-uns des plus grands spécialistes de la sémantique de la temporalité relèvent, dans ce recueil, certains des défis lancés par la description des temps verbaux de plusieurs langues européennes.

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Arie Molendijk La simultanéité globale neutre et la simultanéité progressive en françaiset en anglais 63

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La simultanéité globale neutre et la simultanéité progressive en français et en anglais Arie MOLENDIJK, Université de Groningen En français et en anglais, on dispose d’un certain nombre d’éléments lin- guistiques différents pour exprimer plusieurs types de rapports de simulta- néité entre éventualités, i.e. entre événements et/ou situations. Parmi ces différents types, il y a notamment la simultanéité globale neutre, qui im- plique qu’une éventualité est présentée comme étant valable pour toute la durée d’une autre éventualité, et la simultanéité globale progressive, qui implique la même chose, mais qui signifie encore que l’éventualité présentée comme incluant temporellement une autre éventualité, est dynamique. Les qualifications «neutre» et «progressif», dans «simultanéité neutre» et «si- multanéité progressive», ne sont pas, en fait, correctes dans la mesure où «neutre» et «progressif» se rattachent plutôt à la nature aspectuelle de la phrase qui établit un rapport de simultanéité globale avec une autre phrase. Je les utiliserai quand-même, parce que l’emploi de ces termes me permettra de décrire en peu de mots ce que je considère comme séparant fondamen- talement, par exemple, l’imparfait, d’une part, des locutions/constructions comme en train de, pendant que, le gérondif, d’autre part, et aussi, comme séparant l’imparfait du français et le Past Progressive non-composé de l’anglais, que je désignerai par le terme simple de PROG. Je commencerai par étudier un...

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