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Interpréter les temps verbaux

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Nelly Flaux, Dejan Stosic and Co Vet

N’arrose pas ton jardin. Dans une heure, il a plu. Cet énoncé, à la fois naturel et paradoxal, montre bien à quel point la description des temps verbaux relève souvent de la gageure: au linguiste, ici, d’expliquer ce qui permet d’utiliser le passé composé pour exprimer un fait du futur. Au linguiste aussi de démêler l’inextricable, chaque forme verbale étant prise dans un réseau de contraintes temporelles, aspectuelles et contextuelles ; d’expliquer les différences entre les systèmes des temps verbaux d’une langue à l’autre ou d’une même langue au cours de son évolution. Cette complexité empirique a forcément des conséquences sur les choix méthodologiques et théoriques à effectuer. Plus un fait de langue est riche et complexe, plus la nécessité de proposer et d’opposer les approches différentes s’impose. Un des objectifs de ce volume est précisément de permettre la confrontation de plusieurs cadres théoriques et de fournir l’occasion d’évaluer leur caractère opératoire sur un certain nombre de données particulièrement récalcitrantes.
Quelques-uns des plus grands spécialistes de la sémantique de la temporalité relèvent, dans ce recueil, certains des défis lancés par la description des temps verbaux de plusieurs langues européennes.

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Veran Stanojevi & Tijana Aši L’aspect imperfectif en français et en serbe 107

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L’aspect imperfectif en français et en serbe Veran STANOJEVI, Université de Belgrade Tijana AŠI, Université de Kragujevac 1. Introduction Nous étudierons dans ce travail la contribution aspectuelle de l’imparfait français et du parfait imperfectif serbe dans leurs emplois non modaux afin de déterminer si la forme imperfective peut, à elle seule, présenter la situa- tion décrite par la phrase comme non bornée. Le problème ne se pose pas pour les formes dites perfectives dans les deux langues, parce que le parfait perfectif serbe, tout comme le passé simple (ou le passé composé) en fran- çais, sert uniquement à présenter le procès globalement, c’est-à-dire comme borné dans le temps. A première vue, il semble que l’instruction aspectuelle des formes imperfectives dans les deux langues soit identique, chaque oc- currence de l’imparfait français ou du parfait imperfectif serbe présentant le procès comme non borné. Cependant les choses ne sont pas aussi simples que cela, pour peu qu’on analyse de plus près les données linguistiques dans les deux langues. A la différence de l’imparfait français (IMP) qui, au moins dans ses emplois non modaux, donne une vision imperfective du procès et, partant, peut être considéré comme aspectuellement rigide, le parfait imper- fectif serbe (PI) peut avoir aussi des emplois perfectifs, en dehors des em- plois imperfectifs «normaux». Comme ce phénomène n’a pas été noté dans la littérature, nous essaierons de le...

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