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Interpréter les temps verbaux

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Edited By Nelly Flaux, Dejan Stosic and Co Vet

N’arrose pas ton jardin. Dans une heure, il a plu. Cet énoncé, à la fois naturel et paradoxal, montre bien à quel point la description des temps verbaux relève souvent de la gageure: au linguiste, ici, d’expliquer ce qui permet d’utiliser le passé composé pour exprimer un fait du futur. Au linguiste aussi de démêler l’inextricable, chaque forme verbale étant prise dans un réseau de contraintes temporelles, aspectuelles et contextuelles ; d’expliquer les différences entre les systèmes des temps verbaux d’une langue à l’autre ou d’une même langue au cours de son évolution. Cette complexité empirique a forcément des conséquences sur les choix méthodologiques et théoriques à effectuer. Plus un fait de langue est riche et complexe, plus la nécessité de proposer et d’opposer les approches différentes s’impose. Un des objectifs de ce volume est précisément de permettre la confrontation de plusieurs cadres théoriques et de fournir l’occasion d’évaluer leur caractère opératoire sur un certain nombre de données particulièrement récalcitrantes.
Quelques-uns des plus grands spécialistes de la sémantique de la temporalité relèvent, dans ce recueil, certains des défis lancés par la description des temps verbaux de plusieurs langues européennes.

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Sylviane R. Schwer Représentation du Temps, relations temporelles et théories des temps verbaux 227

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Représentation du Temps, relations temporelles et théories des temps verbaux Sylviane R. SCHWER, LIPN (CNRS et Université Paris 13) La plupart des théories des temps verbaux de l’indicatif, depuis Arnauld & Lancelot (1660), repose sur le fait que la fonction principale d’un temps verbal est de fournir des instructions pour positionner divers repères sur sur l’axe du temps, dont les plus connus sont: – le moment de réalisation de l’événement1, noté, suivant Reichenbach, E – l’instant présent, , ou moment de l’énonciation, noté S – un repère temporel supplémentaire associé à la réalisation d’un autre événement R. Ces instructions sont données sous la forme d’une ou de plusieurs relations binaires; la conjonction de celles-ci donne les positionnements temporels possibles des éléments compatibles avec l’énoncé et la situation énonciative. Suivant les théories, le repère R est nécessaire pour tous les temps ou sim- plement pour un certain nombre d’entre eux. Selon Arnauld et Lancelot, dans un exemple comme (1), le passé composé fournit le repère nécessaire (E) pour situer le procès à l’imparfait (R): (1) Je soupais (R), lorsqu’il est entré (E). Des repères supplémentaires peuvent être ajoutés. Par exemple, Arnauld & Lancelot (1660) n’utilisent pas R pour décrire les formes soupai et ai soupé. Ces deux formes correspondent à la même relation de précédence de E par rapport à . Pour discriminer ces deux formes, ils font appel à un repère calendaire...

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