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Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines

Textes réunis et présentés par Jacqueline Michel et Annette Shahar

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Edited By Jacqueline Michel and Annette Shahar

De tous temps il y eut des poètes qui se montrèrent particulièrement sensibilisés aux faits socio-politiques et historiques. Ayant conscience que c’était le devenir de l’Homme que ces faits mettaient en jeu, ils furent amenés à prendre position, optant pour un engagement dont faisait foi leur travail d’écriture.
Chez les poètes contemporains, qu’en est-il de cette prise de conscience incitant à l’engagement ? Devrait-on parler d’une remise en cause, d’une redéfinition, d’un renouvellement de cette notion d’engagement, ou au contraire d’un sentiment de méfiance, voire de rejet de peur qu’une confusion ne s’installe entre l’ordre de l’art (art du langage pour le poème) et celui de la politique ? Mais il est un fait que même s’il revendique haut et fort la liberté pour son travail d’écriture, le poète ne peut pas se couper des réalités du monde parce qu’il est celui qui épouse le mouvement de la vie, parce que rien de ce qui est humain ne peut lui être indifférent.
A la suite du colloque international organisé à l’Université de Haïfa en janvier 2010, sur Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines, les textes réunis dans ce livre, cherchent à élaborer des éléments de réponses à ces questions, à partir d’œuvres contemporaines marquées par l’affrontement avec le monde en ses événements, avec l’actualité de l’Histoire. Chercheurs et poètes nous proposent diverses réflexions, questionnements, analyses, portant sur les aspects que présente aujourd’hui la relation du poème à son temps.
Ces textes apportent de nécessaires et riches éclairages sur la complexité du rapport entre poétique et politique, sur la situation souvent conflictuelle du poète entre engagement et désengagement.

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Béatrice BONHOMME Serge Pey, la poésie ou le rythme d’engagement 193

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Serge Pey, la poésie ou le rythme d’un engagement Béatrice BONHOMME Université de Nice-Sophia Antipolis Tout poème, dit Serge Pey, « commence / par la conscience / qui est une forme supérieure / de la désobéissance ». La poésie de Serge Pey est faite du passé d’une famille de réfugiés espagnols, la mère couturière, le père tirant des câbles sur les chantiers. C’est une poésie déclinée sur le rythme d’un combat, poésie de mémoire et de rétablissement de la jus- tice. Serge Pey entend et répercute ce qui d’ordinaire se tait: de l’exal- tation massacrée au lancinant retour des suicidés de la société1. Son travail est permanente lutte contre l’injustice du monde, ses meurtres et ses tortures. Lui-même est un enfant de l’immigration espagnole, anti- franquiste, fils d’anarchiste. C’est d’abord à cette origine que se réfère le combat de sa poésie. Serge Pey sait qu’il est un descendant de la poé- sie espagnole, lui dont la famille a participé à la bataille de Barcelone au côté des anarchistes et des trotskystes, lui qui avec son père et les autres réfugiés politiques habitait dans les quartiers espagnols de Toulouse. Et le poète présent se reconnaît comme l’enfant de l’Ecole républicaine qui permettait aux enfants des quartiers pauvres de la ville de tout appren- dre: Dans ses murs j’ai...

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