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Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines

Textes réunis et présentés par Jacqueline Michel et Annette Shahar

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Edited By Jacqueline Michel and Annette Shahar

De tous temps il y eut des poètes qui se montrèrent particulièrement sensibilisés aux faits socio-politiques et historiques. Ayant conscience que c’était le devenir de l’Homme que ces faits mettaient en jeu, ils furent amenés à prendre position, optant pour un engagement dont faisait foi leur travail d’écriture.
Chez les poètes contemporains, qu’en est-il de cette prise de conscience incitant à l’engagement ? Devrait-on parler d’une remise en cause, d’une redéfinition, d’un renouvellement de cette notion d’engagement, ou au contraire d’un sentiment de méfiance, voire de rejet de peur qu’une confusion ne s’installe entre l’ordre de l’art (art du langage pour le poème) et celui de la politique ? Mais il est un fait que même s’il revendique haut et fort la liberté pour son travail d’écriture, le poète ne peut pas se couper des réalités du monde parce qu’il est celui qui épouse le mouvement de la vie, parce que rien de ce qui est humain ne peut lui être indifférent.
A la suite du colloque international organisé à l’Université de Haïfa en janvier 2010, sur Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines, les textes réunis dans ce livre, cherchent à élaborer des éléments de réponses à ces questions, à partir d’œuvres contemporaines marquées par l’affrontement avec le monde en ses événements, avec l’actualité de l’Histoire. Chercheurs et poètes nous proposent diverses réflexions, questionnements, analyses, portant sur les aspects que présente aujourd’hui la relation du poème à son temps.
Ces textes apportent de nécessaires et riches éclairages sur la complexité du rapport entre poétique et politique, sur la situation souvent conflictuelle du poète entre engagement et désengagement.

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Sylvestre CLANCIER De Gaston Miron, poète dans la cité, à la poésie comme forme de résistance 241

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De Gaston Miron, poète dans la cité, à la poésie comme forme de résistance Sylvestre CLANCIER Ecrivain essayiste et critique – Paris A travers notre intervention, nous entendons illustrer comment, à l’instar de Victor Hugo, au XIXe siècle, Gaston Miron, poète dans la cité, fait de la poésie, dans la seconde moitié du XXe siècle, un acte de résistance et en révèle le génie spécifique, tel que « La nouvelle Pléiade » le revendiquera dans son manifeste fondateur, en 2005. Autour de 1830, Victor Hugo et les écrivains romantiques se mobili- sent pour faire valoir leur conception de l’écriture et des sources d’inspiration ouvertes sur l’homme de toutes les époques et de toutes les civilisations. Après 1840, et ce mouvement connaîtra son apogée avec la révolu- tion de 1848 et l’avènement de la seconde république qui érige en maxime universelle la belle devise: « Liberté – Egalité – Fraternité », Hugo, Georges Sand et leurs amis, après avoir fondé la Société des Gens de Lettres dont notre pays a de bonnes raisons de s’enorgueillir, tant la défense de la liberté d’expression et de création et les droits des auteurs sont constamment menacés, s’engagent résolument dans la bataille so- ciale. Ils démontrent alors, par la vertu de leurs prises de positions pu- bliques et par l’exemple de leurs œuvres, comment des écrivains, des poètes, peuvent être des « phares » pour l’humanité en mouvement...

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