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Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines

Textes réunis et présentés par Jacqueline Michel et Annette Shahar

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Edited By Jacqueline Michel and Annette Shahar

De tous temps il y eut des poètes qui se montrèrent particulièrement sensibilisés aux faits socio-politiques et historiques. Ayant conscience que c’était le devenir de l’Homme que ces faits mettaient en jeu, ils furent amenés à prendre position, optant pour un engagement dont faisait foi leur travail d’écriture.
Chez les poètes contemporains, qu’en est-il de cette prise de conscience incitant à l’engagement ? Devrait-on parler d’une remise en cause, d’une redéfinition, d’un renouvellement de cette notion d’engagement, ou au contraire d’un sentiment de méfiance, voire de rejet de peur qu’une confusion ne s’installe entre l’ordre de l’art (art du langage pour le poème) et celui de la politique ? Mais il est un fait que même s’il revendique haut et fort la liberté pour son travail d’écriture, le poète ne peut pas se couper des réalités du monde parce qu’il est celui qui épouse le mouvement de la vie, parce que rien de ce qui est humain ne peut lui être indifférent.
A la suite du colloque international organisé à l’Université de Haïfa en janvier 2010, sur Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines, les textes réunis dans ce livre, cherchent à élaborer des éléments de réponses à ces questions, à partir d’œuvres contemporaines marquées par l’affrontement avec le monde en ses événements, avec l’actualité de l’Histoire. Chercheurs et poètes nous proposent diverses réflexions, questionnements, analyses, portant sur les aspects que présente aujourd’hui la relation du poème à son temps.
Ces textes apportent de nécessaires et riches éclairages sur la complexité du rapport entre poétique et politique, sur la situation souvent conflictuelle du poète entre engagement et désengagement.

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Jeanine BAUDE Aimé Césaire: une écriture pour les vivants 259

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Aimé Césaire: une écriture pour les vivants Jeanine BAUDE Ecrivain – Paris Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, en Martinique, Aimé Césaire a fait ses études en France. Poète, dramaturge et homme politique, il a joué un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. Fondateur, en 1941, de la revue Tropi- ques, il élabore et définit avec Léopold Sédar Senghor, la notion de « négritude ». En 1956, après avoir rompu avec le Parti communiste français, il crée le Parti progressiste martiniquais. Député de la Martini- que jusqu’en 1993, Aimé Césaire a été député-maire de Fort-de-France de 1945 à 2001. Il est mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Obsèques nationales. Cet itinéraire du refus, cet engagement sur plus de soixante années au cours du XXe siècle, sa mort récente, les événements qui ont fait vibrer, si près de nous, la colère en Nouvelle Calédonie, la mondialisation et la situation de nos banlieues « îles et déserts de vie » me conduisent à pen- ser que cette écriture pour les vivants est encore porteuse d’avenir au moment où j’écris. De plus la poésie d’Aimé Césaire, évolutive et « d’une qualité ma- jeure de ton » qui vient se fracasser sur l’univers des « assis » pour le bouleverser par sa révolte, sa luxuriance, son autonomie, son exigence, son combat littéraire et social...

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