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Les Incertitudes de la présence

Identités narratives et expérience sensible dans la littérature contemporaine de langue française- Algérie-France-Québec

Daniel Marcheix

Les parcours identitaires fictifs que donnent à lire de nombreux récits contemporains se nourrissent de leur ancrage dans la phénoménalité du sensible. Cet ouvrage est consacré à l’étude de cette corrélation, aux modalités de sa mise en discours et à ses effets en termes de signification. Les œuvres analysées sont algériennes, françaises, québécoises et appartiennent donc à la littérature de langue française considérée en extension, sans les insidieuses hiérarchisations dont est trop souvent porteuse la notion de littérature francophone. L’auteur y examine les opérations énonciatives et narratives par lesquelles se déploient les expériences sensibles de personnages qui sont d’abord et avant tout des corps sentants et percevants. Puis il montre comment de ces modes de présence au monde sensible surgissent des formes de vie qui sont précisément les manifestations signifiantes d’identités conçues comme des effets induits par les ressources formelles des textes.

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13. Gaétan Soucy et la quête d’une «langue fulminante» 207

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13. Gaétan Soucy et la quête d’une «langue fulminante» Publié en 1998, La petite fille qui aimait trop les allumettes1 a déconcer- té et enthousiasmé la critique qui a considéré son auteur, Gaétan Soucy, comme l’un des «meilleurs romanciers d’expression française et, sans doute, la plus incontestable révélation de ces dernières années» (Lepape, 1999: 2). Son inventivité langagière, qui agit au cœur de l’énonciation comme le vecteur essentiel de la mise en discours d’une altérité vécue et ressentie, a été tout particulièrement soulignée. Invention langagière et déréalisation figurative Si l’on reprend les catégories établies par Pierre van den Heuvel, le ro- man de Gaétan Soucy apparaît comme un «texte-discours» (1985: 119- 141) dont la voix narrative repose diégétiquement sur un dire instable, incertain dans sa source et contesté dans sa forme. La première phrase de l’incipit donne à entendre une parole homodiégétique qui assume la régie du récit en se tenant au plus près des événements qu’elle relate, comme en témoigne l’emploi du passé composé. Et cette énonciation quasi con- comitante des faits ne manque aucune occasion de se mettre en scène dans ses objectifs et ses modalités: «Écoutez, vous me direz que ce ne sont que des détails, mais j’enregistre les faits en droiture et simplicité» (PF 114), note le narrateur, en proie à une...

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