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Koltès maintenant et autres métamorphoses

Actes des colloques de l’université de Caen Basse-Normandie et de Paris-Diderot, Paris 7

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Edited By Yannick Butel, Christophe Bident, Christophe Triau and Arnaud Maïsetti

En France, 2009 aura été « l’année Koltès ». Une année pour rappeler la vitalité et l’actualité d’une œuvre, la fascination qu’elle exerce toujours sur les lecteurs et les metteurs en scène. Les colloques de Caen ( Bernard-Marie Koltès : Démons, Chimères et autres métamorphoses, octobre 2009) et de Paris 7 ( Koltès, maintenant, novembre 2009) ont ainsi été des moments d’échanges et de réflexions sur un théâtre qui n’en finit pas d’interpeller les universitaires, les chercheurs, les praticiens, les acteurs... Revenant sur les textes et leur mise en scène, sur les traductions, sur la correspondance et sur les enjeux que soulève cette écriture poétique et cinématographique, les contributions qui sont rassemblées dans ce livre témoignent de la pluralité des lectures qu’offre l’œuvre de Bernard-Marie Koltès. Regards parfois nouveaux où l’œuvre esthétique et poétique est articulée au mouvement de l’Histoire, à celle aussi que connut Bernard-Marie Koltès.

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Marie-José Tramuta Koltès et Le Sang de l’agneau 179

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179 Koltès et Le Sang de l’agneau Marie-José Tramuta Dans Alternatives théâtrales, Heiner Müller écrivait : « aucun texte n’est à l’abri du théâtre1 ». C’est de ce postulat que je partirai pour proposer une lecture parallèle du Sang de l’agneau2 de André Pieyre de Mandiargues – récit d’ailleurs adapté au cinéma par Walerian Borowczyk en 1975 sous le titre général de Les Héroïnes du mal – et que Koltès a peut-être vu et de Roberto Zucco. Il s’agit là d’un choix qui pourra peut-être apparaître un rien arbitraire mais qui ne cesse de me hanter. Ou plutôt me hante l’image d’une petite fille, Marceline Caïn, la petite fille protagoniste de la nouvelle de Mandiargues et cette autre petite fille, la gamine de Roberto Zucco. Ecoutons la description qu’en donne Mandiargues : Marcelline Caïn : on eut dit qu’elle était mêlée de cendre, de sable et de sang. C’était un petit visage éteint, triangulaire, têtu : deux yeux d’un marron très foncé, pailletés de fauve, surtout remarquables par le développement insolite de la pru- nelle ; une bouche qui rarement se tenait tranquille, des lèvres minces, toujours déchirées par les dents trop pointues, peu de menton ; et cela sous une très grande chevelure libre, grise avec des reflets rouges comme du brouillard d’usine flot- tant à la traîne derrière le cou maigre bosselé de ganglions. A quatorze ans, Marcelline Ca...

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