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Koltès maintenant et autres métamorphoses

Actes des colloques de l’université de Caen Basse-Normandie et de Paris-Diderot, Paris 7

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Edited By Yannick Butel, Christophe Bident, Christophe Triau and Arnaud Maïsetti

En France, 2009 aura été « l’année Koltès ». Une année pour rappeler la vitalité et l’actualité d’une œuvre, la fascination qu’elle exerce toujours sur les lecteurs et les metteurs en scène. Les colloques de Caen ( Bernard-Marie Koltès : Démons, Chimères et autres métamorphoses, octobre 2009) et de Paris 7 ( Koltès, maintenant, novembre 2009) ont ainsi été des moments d’échanges et de réflexions sur un théâtre qui n’en finit pas d’interpeller les universitaires, les chercheurs, les praticiens, les acteurs... Revenant sur les textes et leur mise en scène, sur les traductions, sur la correspondance et sur les enjeux que soulève cette écriture poétique et cinématographique, les contributions qui sont rassemblées dans ce livre témoignent de la pluralité des lectures qu’offre l’œuvre de Bernard-Marie Koltès. Regards parfois nouveaux où l’œuvre esthétique et poétique est articulée au mouvement de l’Histoire, à celle aussi que connut Bernard-Marie Koltès.

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André Job Avis de rupture dans l’horizon d’attente 297

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297 Avis de rupture dans l’horizon d’attente André Job On se souvient avec quelle gourmandise Anne Ubersfeld a pu décli- ner, dans le dernier chapitre qui clôt son Bernard-Marie Koltès, les errements et revirements de la critique. A dix ans de distance, il y avait déjà en effet quelque chose de comique à considérer l’aveugle- ment dont avait fait preuve la critique professionnelle – à l’exception notable de L’Humanité et du Monde, du moins à partir de 1987 –, particulièrement lorsqu’elle fut confrontée aux deux premières mises en scène de Dans la solitude des champs de coton. Bref rappel en guise de florilège : « La langue de Koltès est métaphysique, confuse, obscure, logomachique »1 ; « Ce verbe-là, si chargé, n’engendre plus, n’engendre pas. Tout est vanité. »2 Circonstance plus troublante, ceux- là mêmes qui prirent une part active dans les premières mises en scène ou éditions des textes de Koltès, se prenaient souvent à douter. Bri- gitte Salino, dans sa biographie récente, rapporte à propos de Com- bat de nègre et de chiens les témoignages de Marianne Merleau-Ponty et de Michel Piccoli : « Je me souviens, confie celle qui s’occupa de l’édition de la pièce à Nanterre-Amandiers, que je suis charmée au sens violent du terme, et que je ne comprends rien », et Michel Pic- coli se remémore son angoisse : « On ne comprenait rien et c’était normal. Je disais à Chéreau : ‹ Je ne comprends rien au texte....

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