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L’histoire anthropométrique

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Laurent Heyberger

L’histoire anthropométrique vient de fêter ses trente ans. Pourtant jusqu’ici aucun ouvrage de synthèse n’avait dressé le bilan de ce champ de recherche fécond, à la croisée de l’histoire, de l’économie et des sciences du vivant. Or, après les études pionnières menées sur l’Europe et les Etats-Unis, l’accélération récente des découvertes concernant l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud rendait une telle synthèse indispensable. En effet, en considérant la stature moyenne comme un indice de nutrition nette, l’histoire anthropométrique permet de reconstituer une des dimensions essentielles de l’évolution des niveaux de vie dans la longue durée. Cet ouvrage présente de manière critique et pédagogique les fondements méthodologiques et théoriques de l’histoire anthropométrique. Il constitue une synthèse inédite de travaux historiques, mais aussi médicaux et biologiques qui vient éclairer d’un jour nouveau de grandes questions d’histoire telles que les coûts humains de la révolution industrielle et de l’intégration au marché (XVIIIe-XIXe siècles), des totalitarismes du XXe siècle ou encore de la colonisation (XIXe-XXe siècles).

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3. Le rôle de l’alimentation et des revenus dans la déterminationde la stature moyenne - 43

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3. Le rôle de l’alimentation et des revenus dans la détermination de la stature moyenne La stature moyenne peut être considérée comme un indice de nutrition nette, cette dernière se définissant comme la somme des apports en nutri- ments moins les dépenses en énergie utilisées pour le métabolisme de base, l’activité physique et la lutte contre les maladies [Steckel et Floud, 1997]. Les études biologiques et médicales contemporaines insistent à l’échelle de l’organisme sur la synergie existant entre ce double processus d’intrants et de dépenses [Fogel, 2004a, p. 46]. Cependant les études historiques, tribu- taires de sources n’offrant la plupart du temps de variables explicatives qu’à l’échelle agglomérée, permettent difficilement de prendre en considération cette synergie. Pour des raisons de clarté, le rôle respectif des apports et dépenses est donc ici traité séparément. De plus, cette distinction renvoie au débat classique sur les causes de la baisse de la mortalité et de l’augmentation de l’espérance de vie depuis le XVIIIe siècle [Fogel, 2004a]. Ce débat, dont est issue la nouvelle histoire anthropométrique, a principa- lement opposé les tenants d’une explication d’ordre plutôt nutritionnel [McKeown, 1976] aux tenants de facteurs telle que la baisse de l’exposition aux maladies liée au contrôle humain de l’environnement [Szreter, 1988; Livi-Bacci, 1991] et dont on retrouve des répercussions en France [Annales de démographie historique, 1989], sans...

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