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Mœurs de province

Essai d’analyse bakhtinienne de "Madame Bovary</I>- Avec une préface d’Yvan Leclerc

Helge Vidar Holm

Personne ne sait pourquoi Gustave Flaubert a rajouté de sa main, sur la première page du manuscrit définitif de Madame Bovary, celui du copiste, le sous-titre Mœurs de Province. A quelques rares exceptions près, la recherche flaubertienne ne s’est guère penchée sur la question, et depuis la mort du romancier normand, la plupart des éditeurs du roman a tout simplement supprimé le sous-titre, pourtant si significatif notamment pour une compréhension approfondie des intentions critiques de Flaubert vis-à-vis de la société bourgeoise de son époque.
Pour l’auteur de cet essai, le premier de longue haleine à étudier le sens et la signification du sous-titre, les mœurs provinciales visées par l’écrivain dans son premier roman publié sont avant tout des mœurs langagières. La langue et les langages sont au centre de ce livre, où le personnage le plus troublant, la protagoniste Emma Bovary, est clairement victime de ces mœurs langagières bien que, à certains moments, elle arrive à sortir de leur contrainte et paraître une voix à part entière, tels les personnages romanesques polyphoniques de Dostoïevski vus par Bakhtine.

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Illustrations 258 259 1. La première page du manuscrit du copiste, où Flaubert a rajouté de sa main, entre parenthèses et souligné, le sous-titre Mœurs de Province. © Collections de la Bibliothèque municipale de Rouen. Photographie Thierry Ascencio-Parvy. Titre: Madame Bovary. Manuscrit définitif, non autographe, avec corrections et annotations de la main de Gustave Flaubert. Cote: Ms g 222-f °1 (titre) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261 2. La page de titre de la première livraison de la première publication de Madame Bovary (Mœurs de province), dans la Revue de Paris du 1er octobre 1856. © Collections de la Bibliothèque municipale de Rouen. Photographie Thierry Ascencio-Parvy. Cote: U 3894-16, 1856, vol. 5: p. 5 du t. XXXIV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262 3. La première de couverture de la première édition en volume de Madame Bovary (Mœurs de province) chez Michel Lévy Frères, libraires-éditeurs. © Editeurs Michel Lévy frères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263 4. L’édition du centenaire de la naissance de l’auteur, parue chez La librairie de France en 1921, est une des rares de l’époque à ne pas supprimer le sous-titre Mœurs de province. © Collections des bibliothèques de l’Université de Caen Basse-Normandie . . 264 5. Tout comme l’édition du centenaire (voir illustration No 4), l’édition chez Conard de 1930 a conservé le sous-titre. © Collections des bibliothèques de l’Université de Caen Basse-Normandie . . 265 6. La page de titre d’une nouvelle version du roman, précédée des scénarios inédits et...

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