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La Suisse coloniale

Les représentations de l’Afrique et des Africains en Suisse au temps des colonies (1880-1939)

Patrick Minder

L’analyse de la nature et de la diffusion du discours colonial éclaire l’état d’esprit qui régnait en Suisse au sujet des Africains. De multiples sources sont sollicitées dans cette étude pour illustrer la force de l’imprégnation d’une mentalité coloniale au cœur d’un pays a priori peu concerné par l’impérialisme, faute de posséder des colonies.
Or, affirmer que « la Suisse est coloniale » ne se mesure pas seulement à l’aide des mouvements migratoires, de l’analyse des flux économiques et de la recherche des traces laissées par de nombreux Suisses dans les pays colonisés. Cet ouvrage prend le contre-pied de l’histoire économique et politique traditionnelle en inscrivant le concept de colonialité de la Suisse dans le champ de l’histoire culturelle.

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Avant-propos et remerciements - XIII

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Avant-propos et remerciements La curiosité est à l’origine de ce travail. Enfant, je contemplais les objets inso- lites qui trônaient dans le salon familial. Avec le temps, j’ai compris qu’ils étaient les vestiges muets du passé colonial de mon arrière-grand-père Paul Moehr. Ma première recherche m’a amené à comprendre ce qui avait pu moti- ver mon aïeul et ses jeunes camarades d’aventures, à quitter leur pays natal pour l’Afrique et à y tenter leur chance. Par la suite, j’ai voulu rédiger une anthologie de l’émigration suisse en Afrique centrale, revisitant les travaux pionniers de Debrunner, de Lobsiger et d’Arlettaz. Devant l’ampleur de la tâche, ce projet a été rapidement abandonné pour une recherche plus circons- crite, mais tout aussi délicate. La réflexion sur la mentalité coloniale en Suisse m’est apparue comme un sujet encore en friche, totalement délaissé par des chercheurs qui n’avaient jusqu’ici abordé qu’indirectement la question. J’ose donc exprimer aujourd’hui l’espoir que cette thèse éclaire sous un jour nou- veau les liens entre la population suisse, aux croyances stéréotypées, et la popu- lation africaine, aux phénotypes imposés. Je ne suis ni africaniste, ni historien de l’émigration suisse. Cette recherche est donc complémentaire, et non antagoniste des travaux développés depuis longtemps par d’éminents spécialistes. Dans la perspective que j’adopte, le regard que les Suisses posent sur l’Africain est une clé nouvelle, subtile et originale, pour reconstituer la mentalité helvétique....

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