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La parole de l’autre

L’écriture de Dino Buzzati à l’épreuve de la traduction

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Cristina Vignali

Le style de Dino Buzzati est-il, comme l’a considéré longtemps la critique, linéaire, sans effets, trop journalistique ? Son apparente simplicité est-elle manque d’épaisseur, de relief ? Par l’analyse minutieuse d’un large corpus d’œuvres buzzatiennes et de leurs traductions françaises respectives, embrassant toute la production romanesque de l’écrivain et la plupart de ses recueils de nouvelles, l’auteur de cette étude montre au contraire toute la subtilité de l’écriture d’un des grands prosateurs italiens du XX ème siècle. Les résultats de cette enquête mettent en lumière des mécanismes stylistiques insoupçonnés dans la création des atmosphères de mystère, de vague inquiétude ou de tourment qui caractérisent l’œuvre de Buzzati. L’envoûtement des hauteurs dans Bàrnabo delle montagne, le charme hypnotique du Deserto dei Tartari ou les affres de la passion dans Un amore apparaissent alors sous un jour nouveau.

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ConclusionLa langue à dévoiler - 287

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287 1 D. BUZZATI, Il colombre e altri cinquanta racconti, op. cit., p. 152 (« Et les cri- tiques, on le sait, une fois qu’ils ont placé un artiste dans une case, il en faut pour les faire changer d’avis »). Conclusion La langue à dévoiler E i critici, si sa, una volta che hanno messo un artista in una casella, ce ne vuole per fargli cambiare parere1. Au terme de notre étude émergent des tendances qui caractérisent le travail de transposition des traducteurs de notre corpus. De notre en- quête, il apparaît que les phénomènes de traduction que nous avons observés au cours de nos analyses n’ont pas concerné de la même façon les quatre traducteurs, Jacqueline Remillet, Michel Sager, Michel Arnaud et Michel Breitman. C’est davantage chez ces deux derniers traducteurs qu’on a constaté des écarts dans les différents aspects de l’écriture buzzatienne que nous avons étudiés – de la dimension sonore au champ lexical de la peur-angoisse, de la répétition au traitement des niveaux de langue. Ce constat n’est pas anodin si l’on pense que Michel Arnaud est à l’origine de la première traduction d’un texte buzzatien – quand en- core le style de Buzzati ne faisait pas l’objet de recherches poussées d’ordre stylistico-linguistique – et que Michel Breitman a traduit la plu- part des œuvres buzzatiennes. L’étude des traductions révèle que bien des tendances indiquées par Antoine Berman dans son essai La Traduction...

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