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Parler des mots, apprendre à lire

La circulation du métalangage dans les activités de lecture

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Corinne Gomila

Lors des premières séances d’enseignement de la lecture avec de jeunes élèves du cours préparatoire, de nombreux enseignants disent hésiter sur les mots à employer pour parler de la langue. Très vite, les maîtres n’évoqueront plus cette difficulté. Mais comment ont-ils surmonté l’obstacle ? Quelles ressources métalangagières ont-ils exploitées ? Quels termes ont-ils utilisés ? Cet ensemble composite de moyens fabriqués dans l’urgence du temps scolaire est-il efficace ? Ne risque-t-il pas d’entraîner de fausses représentations chez le lecteur débutant ?
Prenant en compte des recherches fondamentales sur le métalangage et son fonctionnement en discours, et adossant son travail sur la description d’un imposant corpus de séances de lecture recueillies sur plusieurs années, l’auteur met au jour l’organisation du discours métalinguistique de la classe de lecture. Au premier rang de celui-ci figurent une terminologie naïve prolifique, le recours à l’autonymie qui permet de parler du langage sans employer de catégories, et une première nomenclature technique attachée à des savoirs sur la langue plus pratiques que théoriques.

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INTRODUCTION 1

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1 Le texte des exemples est transcrit suivant les conventions du Groupe Aixois de Recherche en Syntaxe (G.A.R.S.) avec quelques ajustements. Nous trans- crivons les échanges en orthographe standard, nous renonçons au point et à la virgule, mais non aux ponctèmes «?» et «!» qui sont essentiels à la bonne compréhension de l’énoncé. M et non L1 désigne l’enseignante, L1, L2, L3… nomment les élèves qu’il est impossible d’identifier, et L code les réponses collectives. Les italiques mettent en valeur les fragments commentés. 2 Cité dans Authier-Revuz (1995, p. 170). INTRODUCTION PROLOGUE La question de la description du discours métalinguistique est pour nous, à la fois une question théorique de linguiste et un objet de préoc- cupation dans notre vie professionnelle. Professeur des écoles, nous avons souvent été frappée par l’inquiétude passagère que de nombreux enseignants de cours préparatoire (CP) manifestent à chaque rentrée scolaire. Lors des premières séances de lecture, ils disent hésiter sur les mots à employer pour conduire cet enseignement. Et des enregistre- ments montrent leurs doutes, même devant les élèves: M ils (les tirets) se trouvent devant les mots en fait ils se trouvent au début de la ligne est-ce que vous comprenez si je dis le petit tiret se trouve au début de la ligne? ça vous va ça devant les mots? le titre d’accord? les petits tirets d’accord? (CP-textes 10.09.03)1 Comme eux, nous avons ressenti ce d...

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