Show Less

Parler des mots, apprendre à lire

La circulation du métalangage dans les activités de lecture

Series:

Corinne Gomila

Lors des premières séances d’enseignement de la lecture avec de jeunes élèves du cours préparatoire, de nombreux enseignants disent hésiter sur les mots à employer pour parler de la langue. Très vite, les maîtres n’évoqueront plus cette difficulté. Mais comment ont-ils surmonté l’obstacle ? Quelles ressources métalangagières ont-ils exploitées ? Quels termes ont-ils utilisés ? Cet ensemble composite de moyens fabriqués dans l’urgence du temps scolaire est-il efficace ? Ne risque-t-il pas d’entraîner de fausses représentations chez le lecteur débutant ?
Prenant en compte des recherches fondamentales sur le métalangage et son fonctionnement en discours, et adossant son travail sur la description d’un imposant corpus de séances de lecture recueillies sur plusieurs années, l’auteur met au jour l’organisation du discours métalinguistique de la classe de lecture. Au premier rang de celui-ci figurent une terminologie naïve prolifique, le recours à l’autonymie qui permet de parler du langage sans employer de catégories, et une première nomenclature technique attachée à des savoirs sur la langue plus pratiques que théoriques.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

PREMIÈRE PARTIEELÉMENTS POUR UNE DESCRIPTION DIDACTIQUEET LINGUISTIQUE DU DISCOURS MÉTALINGUISTIQUEDE LA CLASSE DE LECTURE

Extract

PREMIÈRE PARTIE ELÉMENTS POUR UNE DESCRIPTION DIDACTIQUE ET LINGUISTIQUE DU DISCOURS MÉTALINGUISTIQUE DE LA CLASSE DE LECTURE Le métalangage est tout autant que le langage- objet un aspect de notre comportement verbal, et, comme tel, il constitue un problème linguistique. Jakobson, Essais de linguistique générale, p. 69. CHAPITRE 1 CADRE MÉTHODOLOGIQUE, FONDEMENTS THÉORIQUES ET DÉTERMINATION DE L’OBJET D’ÉTUDE DISCOURS DIDACTIQUE ET PRÉSENTATION DU CORPUS Cette recherche s’inscrit dans le domaine de l’analyse du discours. Ce travail n’a pas pour prétention de défendre un modèle. Cependant, nous avons retenu deux leçons de nos lectures. Des travaux de Pêcheux au Dictionnaire d’analyse du discours coordonné par Charaudeau et Maingue- neau (2002) ou à l’ouvrage sur le mot dirigé par Branca-Rosoff (1998), il semble que l’analyse de discours conduit d’une part à se méfier des illu- sions de la transparence de ce qui se dit et d’autre part à empêcher toute impression de surplomb en rappelant que la position de l’analyste inter- vient dans sa pratique d’analyste. Ce dont il s’agit ici, comme l’écrit si justement Foucault (1969), […] ce n’est pas de neutraliser le discours, d’en faire le signe d’autre chose et d’en traverser l’épaisseur pour rejoindre ce qui demeure silencieusement en deçà de lui, c’est au contraire de le maintenir dans sa consistance, de le faire surgir dans la complexité qui lui est propre (p. 65). La première analyse du discours insistait fortement...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.