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Écrire l’histoire à Metz au Moyen Âge

Actes du colloque organisé par l'Université Paul-Verlaine de Metz, 23-25 Avril 2009

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Edited By Mireille Chazan and Gérard Nauroy

Pendant tout le Moyen Âge et au-delà, les Messins eurent le souci d’écrire l’histoire de leur cité pour exalter leur passé, justifier leurs droits, voire en revendiquer de nouveaux. Ce travail d’écriture a été entrepris et poursuivi dans l’entourage des évêques, où a été rédigée par étapes une histoire des évêques des origines apostoliques de l’Église messine jusqu’au XVIe siècle. Les abbayes et les couvents, dans des annales et des cartulaires, ont conservé le souvenir de leur fondation et du développement de leur établissement pour affirmer leur place dans la cité et défendre leurs droits. À partir du XIVe siècle et jusqu’à la réunion de Metz à la France, les bourgeois et les patriciens composent des chroniques en langue vulgaire pour conserver la mémoire de la communauté urbaine, magnifier son passé et défendre sa politique. Le résultat est une historiographie et une hagiographie, d’une remarquable continuité, avec des prolongements jusqu’au XVIIe siècle. L’étude méthodique de cette production historiographique, sans équivalent dans les autres villes françaises, mis à part Paris, fait l’objet du présent ouvrage, première synthèse sur cette question.

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Mise en perspective et prolongements

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Paris, le roi de France et la boue Comment Primat a écrit l’histoire à Saint-Denis au XIIIe siècle Bernard GUENÉE (†) Institut de France En 1274 ou peu après, Primat, moine de Saint-Denis, offrait au roi de France Philippe III le Hardi son Roman des roys. Il lui avait été commandé quelques années plus tôt par le père du roi, Louis IX, qui, mort en 1270, allait bientôt être saint Louis. Ce Roman des roys était une histoire de France des origines à la mort de Philippe Auguste, en 1223. Tout ouvrage historique digne de ce nom se devait d’être une savante compilation ou de s’appuyer sur une savante compilation de textes anté- rieurs. Primat est ainsi parti du manuscrit de la Bibliothèque nationale Lat. 5925, réalisé à Saint-Denis vers le milieu du XIIIe siècle, où l’érudition dionysienne avait assemblé et repris, souvent mot à mot, des textes plus anciens. Par exemple, l’époque mérovingienne suivait pour l’essentiel l’Historia Francorum qu’Aimoin, moine de Fleury-sur-Loire, avait écrite vers l’an mille en utilisant lui-même les Histoires composées par Grégoire de Tours au VIe siècle et quelques autres écrits mérovingiens. Primat a pu, ici ou là, ajouter d’autres textes. Son travail fondamental a été de traduire le manuscrit Lat. 5925. Car saint Louis avait voulu que l’histoire du royaume pût être lue ou entendue par un plus large public, à commencer par celui de la cour royale, ignorant le...

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