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Les Réécrivains

Enjeux transtextuels dans la littérature moderne d’expression française

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Patrick Bergeron and Marie Carrière

Pratique constante et rPratique constante et récurrente de la création littéraire et, plus généralement, culturelle, la réécriture a, paradoxalement, été peu étudiée en tant que phénomène autonome. Gérard Genette, avec Palimpsestes (1982), est l’un des rares théoriciens contemporains à s’être spécifiquement penché sur les variétés et les fonctionnements des relations transtextuelles que peut entretenir un texte.
Cet ouvrage se propose de cerner les enjeux critiques suscités par les œuvres littéraires dès lors qu’elles s’élaborent comme de nouvelles versions d’œuvres, de mythes ou de discours préexistants. Une perspective ouverte, élargie à une diversité d’auteurs francophones, d’époques variées, offre une contribution significative et novatrice au champ des études littéraires actuelles, tout en faisant le lien entre les théories genettiennes, d’autres méthodologies et les œuvres des écrivains. C’est donc sous l’appellation de « réécrivains » que ce livre propose de réunir un certain nombre d’auteurs francophones chez qui la pratique de la réécriture joue, momentanément ou itérativement, un rôle décisif qu’il est instructif d’élucider.

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Deuxième partieDu bon usage des mythes

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57 Deuxième partie Du bon usage des mythes Fictions d’Hécate, de Jouve à Morand Patrick BERGERON Université du Nouveau-Brunswick MACBETH. Tout, sur un hémisphère, à présent paraît mort, Et des songes maudits trompent l’homme qui dort. Maintenant, la sorcière, en ses noirs maléfices, Vient à la pâle Hécate offrir des sacrifices ; Et le Meurtre livide avance un pied furtif, Aux hurlements du loup qui l’appelle !… (Shakespeare 2.1.31) ANAXAGORE. J’ai pu jusqu’à présent honorer les puissances souterraines ; mais, pour cette fois, je me tourne vers les régions supérieures… Ô toi qui trônes là-haut, dans une jeunesse éternelle, déesse aux trois noms, aux trois visages ! je t’adjure au nom des misères de ma race, Diane, Luna, Hécate ! toi qui élargis la poitrine, plonges ta rêverie au sein des profondeurs, toi dont la lumière est paisible, toi puissante et impénétrable, ouvre l’affreux abîme de tes ombres, et que l’antique puissance se ré- vèle sans l’aide de la magie ! (Goethe 341) Lorsqu’il s’agit de faire référence à Hécate et au mythe qui s’est forgé autour d’elle d’une divinité malveillante auréolée de mystères cabalis- tiques, les premières œuvres qui viennent en tête sont souvent Macbeth et le Second Faust. Pourtant, un parrainage aussi prestigieux que celui de Shakespeare et de Goethe ne suffit pas à tirer la déesse de son mys- tère ni de sa singularit...

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