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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Mary GALLAGHER: De la condition du migrant à la migrance à l’oeuvre 11

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De la condition du migrant à la migrance à l’œuvre Mary GALLAGHER University College Dublin L’écriture de la migrance est bien souvent sous-tendue par une tension éthique qui s’inscrit d’ailleurs au cœur même du sens du néologisme «mi- grance». C’est que, comme beaucoup de vocables de dérivation similaire et à postfixe en «ance», le terme «migrance» implique un état ou mieux une condition, une situation existentielle, un mode d’être. La migrance relèverait ainsi de ce que l’anthropologue américain, James Clifford, désigne par le mot-valise «dwelling-in-displacement» (l’habitation du déplacement)1, une expression qui évoque bien l’état quelque peu paradoxal de celui qui s’est installé dans la mobilité. Dans la mesure où le terme «éthos» est relié au ni- veau étymologique à la notion d’habitation ou d’abri2, la migrance participe d’un éthos qui est sinon aporétique, du moins tendu ou instable. Car il s’agit de demeurer dans la mobilité ou dans le passage, cet entre-deux qui tient plus d’un balancement que d’un vrai lieu ou d’une véritable assise. Les connotations et les enjeux du néologisme «migrance» ressortent de manière particulièrement nette d’une comparaison avec le terme «migra- tion». Autant le substantif «migration» est dérivé du verbe «migrer», autant le substantif «migrance» est dérivé d’un autre substantif, «migrant». Ainsi l’acte de la migration est le geste qui donne lieu au migrant, faisant juste- ment de celui qui migre un migrant, tandis que le terme «migrance» se ré-...

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