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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Edited By Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Johanne MELANÇON: Toronto, je t’aime de Didier Leclair: immigrer ou naître une seconde fois 53

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Toronto, je t’aime de Didier Leclair: immigrer ou naître une seconde fois Johanne MELANÇON Université Laurentienne Dans son premier roman Toronto, je t’aime1, l’auteur franco-ontarien Didier Leclair2 met en scène le parcours d’un immigrant du Bénin, Raymond Dossougbé. Sans renier ses origines, le jeune Africain «renaît» dans la fasci- nante Ville-Reine, Toronto, pour lui une sorte de terre promise. Ce roman est en fait le récit d’une expérience de migration vécue comme une seconde naissance, douloureuse mais réussie. Posant que l’Autre est une «structure signifiante3», je tenterai de voir comment le récit de Didier Leclair construit le Soi comme Autre non seu- lement dans l’interaction entre le narrateur et les autres personnages, mais aussi dans sa découverte du pays d’accueil et donc d’un univers spatio- temporel différent. Enfin, je montrerai comment on peut voir cette expé- rience de migration comme un parcours initiatique. La rencontre de l’Autre La seconde naissance de Raymond Dossougbé à Toronto ne se fait pas sans heurts. Venu directement de Cotonou, il est l’Autre et il est seul. Son ami Eddy, lui aussi immigrant, Noir et originaire du Bénin, n’est pas là à son 1. Didier Leclair, Toronto, je t’aime, Ottawa: Vermillon, 2000, p. 14. Désormais toutes les citations tirées de cet ouvrage seront indiquées entre parenthèses et identifiées par le sigle T. Ce roman a valu à son auteur le Prix Trillium, le plus prestigieux prix litté- raire...

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