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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Edited By Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Rosalind SILVESTER: «L’odeur de l’eau est partout la même»: Ying Chen et l’identité migrante 89

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«L’odeur de l’eau est partout la même»: Ying Chen et l’identité migrante Rosalind SILVESTER Queen’s University Belfast Ying Chen, originaire de Shanghai, s’est installée au Québec en 1989 peu avant la manifestation de la Place Tiananmen, qui a incité plusieurs autres écrivains et artistes chinois à émigrer. Selon la critique, elle contribue à la littérature migrante de la région grâce à ses livres tournant autour des thèmes de l’identité, du déplacement et des souvenirs d’une vie antérieure. Ayant reçu le Prix Québec-Paris pour L’Ingratitude, son troisième texte, elle est maintenant l’un des rares écrivains asiatiques reconnus au Québec1. Son premier livre, La Mémoire de l’eau (d’où est tirée la citation figu- rant dans le titre de cette étude2), traite de la société et de l’histoire de la Chine pendant un siècle et se concentre sur les expériences de la grand- mère de la narratrice, élevée d’après les valeurs et mœurs traditionnelles. Ce personnage occupe donc un lieu et un temps fixes, et l’accent est préci- sément mis sur l’ethnicité qui nous mène à considérer le texte comme un exemple des «écritures migrantes», un terme défini par Robert Berrouët- Oriol et Robert Fournier comme: «un micro-corpus d’œuvres littéraires produites par des sujets migrants: ces écritures sont celles du corps et de la mémoire; elles sont, pour l’essentiel, travaillées par un référent...

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