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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Edited By Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Catherine MAYAUX: François Cheng, l’homme de longue errance 99

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François Cheng, l’homme de longue errance Catherine MAYAUX Université de Cergy-Pontoise «Deux syllabes suffisent – même une – et la prononciation d’un seul mot, pour révéler, derrière la langue parlée, la présence plus ou moins cachée, plus ou moins masquée […], ou au contraire plus ou moins assumée […] d’une autre langue, derniers échos d’une langue fantôme dès les premiers sons d’une parole, le spectre d’une langue». Ces propos sont ceux du lin- guiste Alain Fleisher, d’origine hongroise, aux oreilles duquel un simple «allô» entendu au téléphone suffit à faire surgir «la mémoire, l’empreinte, le fantôme, non seulement d’une autre langue que le français, mais aussi d’un autre monde et d’un autre temps1». C’est cette idée d’une langue fan- tôme qui hante la langue française d’adoption, transportant dans son spectre tout un monde et toute une culture, qu’il nous intéresse d’approcher dans l’œuvre littéraire et les essais de François Cheng: un accent muet résonne parfois dans son goût pour la langue française, dans sa lecture du français et de la littérature française, de même que le chinois, mots et culture, se mêle souterrainement à son expression poétique française. Dans le même mot, repéré par lui avec une fulgurante pertinence, François Cheng fait ressortir l’étonnante parenté, inattendue, des deux civilisations et des deux esthé- tiques, la charge culturelle...

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