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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Birgit MERTZ-BAUMGARTNER: Mémoires migrantes, mémoires croisées 163

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Mémoires migrantes, mémoires croisées Birgit MERTZ-BAUMGARTNER Université d’Innsbrück Ces dernières décennies, historiens, sociologues et critiques littéraires ont souligné à l’unanimité l’importance de l’histoire et de l’historiographie pour la formation et la stabilisation d’une identité nationale. Dans son article «DissemiNation: Time, narrative and the margins of the modern nation», Homi K. Bhabha souligne le rôle primordial que joue l’historiographie dans le processus d’autogénération d’une nation: ce seraient les références à l’ori- gine, au mythe fondateur, et la continuité de l’histoire – c’est-à-dire l’évoca- tion du passé donnant un sens au présent, voire le justifiant – qui serviraient à créer et à stabiliser l’«unité nationale». Dans une telle perspective, le présent se montre comme point final d’une évolution continue et dotée de sens, évolution dont tout ce qui peut déranger ou remettre en question le sens et la signification devrait être éliminé. Autrement dit, les mémoires collective et nationale seraient toujours liées à une obligation de l’oubli1. Il est évident que la position de Bhabha doit beaucoup à Michel Foucault qui, dans L’Ordre du discours, met en relief le fait que toute société contrôle la production du discours par des «procédures2». Parmi les procédures que Foucault appelle «externes» figure, entre autres, l’interdit de dire ou de remémorer. Quant à l’histoire française et son écriture, il est évident que deux évé- nements du vingtième siècle sont particulièrement concernés par...

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