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La litote

Hommage à Marc Bonhomme

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Edited By André Horak

S’intéressant à des domaines aussi variés que la rhétorique, la pragmatique, la sémiostylistique, les sciences des médias et l’histoire de la langue française, Marc Bonhomme a tout particulièrement enrichi – et il continue de le faire – les recherches en linguistique par ses travaux novateurs sur les figures du discours. Pour l’honorer, ses élèves et amis ont choisi de revisiter le champ des figures et de combler une lacune scientifique en examinant la litote, à laquelle, malgré sa notoriété et sa diffusion, les théoriciens ont jusqu’ici réservé peu de pages.
Philologiques, rhétoriques et pragmatico-discursives, les contributions du présent recueil vont au cœur de la problématique qui entoure la litote. Comment concilier le moins et le plus, dont la coprésence ou l’interaction a priori paradoxale constitue le trait définitoire de cette figure ? Quel est le rôle de la négation dans la production litotique ? Quels rapports la litote entretient-elle avec les figures avoisinantes que sont l’euphémisme, l’ironie et l’hyperbole ? Les perspectives variées ici réunies montrent que la litote est une figure référentielle fort complexe qui occupe une position clé dans le langage.

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Catherine KERBRAT-ORECCHIONIQuand dire moins, c’est faire plus: une approche pragmatique de la litote 67

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Quand dire moins, c’est faire plus: une approche pragmatique de la litote Catherine KERBRAT-ORECCHIONI, Université Lumière Lyon 2, ICAR 1. Introduction Quand Chimène dit à Rodrigue, va, je ne te hais point (Corneille, Le Cid Act. III sc. 4), elle lui fait entendre bien plus que ces mots-là ne signifient dans leur sens propre. (Dumarsais, 1988: 131) Lorsque Chimène, toute en larmes, dit à Rodrigue: … Va, je ne te hais point, pense-t-on qu’elle se contente de ne pas le haïr; et Rodrigue doit-il être moins satisfait que si elle eût dit: Va, sois sûr que je t’aime? (Fontanier, 1968: 134) Dès le début de la réflexion, en France, sur cette figure particulière qu’est la litote1, on admet que l’exemple par excellence qui peut en être donné est l’illustrissime «déclaration» de Chimène à Rodrigue (et c’est d’ailleurs à ce titre surtout qu’elle s’est inscrite dans les mémoires) – ou du moins, on admettait, car cette idée reçue est depuis quelque temps remise en cause, en particulier par Bonhomme (2002: 16) qui la cite en exemple d’«ambiguïté figurale», ou par Jaubert (2008: 111) qui montre que «la plus célèbre des litotes se révèle à l’analyse une litote discutable», mentionnant en note un certain nombre d’auteurs ayant récemment apporté de l’eau à ce moulin. La litote n’a donc pas fini de nous narguer, tout comme l’euphémisme, son très proche cousin si l’on en croit ces d...

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