Show Less

La litote

Hommage à Marc Bonhomme

Series:

Edited By André Horak

S’intéressant à des domaines aussi variés que la rhétorique, la pragmatique, la sémiostylistique, les sciences des médias et l’histoire de la langue française, Marc Bonhomme a tout particulièrement enrichi – et il continue de le faire – les recherches en linguistique par ses travaux novateurs sur les figures du discours. Pour l’honorer, ses élèves et amis ont choisi de revisiter le champ des figures et de combler une lacune scientifique en examinant la litote, à laquelle, malgré sa notoriété et sa diffusion, les théoriciens ont jusqu’ici réservé peu de pages.
Philologiques, rhétoriques et pragmatico-discursives, les contributions du présent recueil vont au cœur de la problématique qui entoure la litote. Comment concilier le moins et le plus, dont la coprésence ou l’interaction a priori paradoxale constitue le trait définitoire de cette figure ? Quel est le rôle de la négation dans la production litotique ? Quels rapports la litote entretient-elle avec les figures avoisinantes que sont l’euphémisme, l’ironie et l’hyperbole ? Les perspectives variées ici réunies montrent que la litote est une figure référentielle fort complexe qui occupe une position clé dans le langage.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Paola PAISSAPour (ne pas) noyer le poisson: la litote en tant que marqueur métadiscursifet indice d’un «sentiment rhétorique spontané» 199

Extract

Pour (ne pas) noyer le poisson: la litote en tant que marqueur métadiscursif et indice d’un «sentiment rhétorique spontané» Paola PAISSA, Université de Turin Le cas de la «litote dite», c’est-à-dire la mention métadiscursive explicite de la litote, se situe au point de convergence de multiples intérêts scientifiques récents et ouvre plusieurs pistes de recherche: – En premier lieu, suivant la classification de Bonhomme (2005), ce mar- quage figural constitue un «indice intentionnel de degré fort», suscep- tible d’orienter la réception de la figure. Une étude de son fonctionne- ment discursif devrait éclairer quelques aspects de la réception et de l’interprétation de la litote. – En deuxième lieu, la «litote dite» relève, dans la taxinomie d’Authier-Revuz (1995: 663), d’un cas de commentaire métalinguistique de la non- coïncidence entre le mot et la chose, portant sur le degré de cet écart. Ana- lyser ce genre de boucle métaénonciative revient à s’interroger sur l’une des manières à travers lesquelles le locuteur met en cause l’acte de nomination lui-même et donne à voir l’hétérogénéité foncière de la langue au monde. – En troisième lieu, la mention explicite de la litote de la part d’un locu- teur non-spécialiste du langage ressort du domaine de la folk linguistique ou linguistique populaire, une branche relativement récente de la linguis- tique, qui s’intéresse aux «représentations métalinguistiques du locuteur ordinaire» (Beacco, 2004) ou aux «pratiques...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.