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Voir le monde comme une image

Le schème de l’image mimétique dans la philosophie de Platon (Cratyle, Sophiste, Timée)

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Alexandre Nevsky

Que veut nous dire Platon quand il nous invite à voir le monde comme une image ? De quoi est-il l’image et existe-t-il plusieurs images possibles de la même réalité ? A quel degré d’engagement ontologique exposons-nous quand nous acceptons, avec Platon, de redéfinir comme étant image le langage, le discours, le monde matériel et même le matériau de celui-ci ?
Ce travail propose une analyse approfondie de la conception de l’image de Platon dans ses trois dialogues clés. Il essaie de nous montrer que cette conception n’est pas une simple conséquence de la théorie des Idées, mais une solution philosophique originale au paradoxe de l’apparence archaïque et une étape préalable à la dialectique platonicienne.
Cette étude nous invite ainsi à revoir les fondements de la métaphysique occidentale, au moment où se produit la naissance conceptuelle de la notion d’image, en mettant en évidence son originalité et son importance pour l’enquête philosophique sur la réalité.

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Introduction 1

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1Introduction L’idée de l’image chez Platon L’idée de l’image est omniprésente dans la philosophie de Platon. Mis à part quelques cas de l’usage courant du champ sémantique des images grecques, telles que le fantôme (eidolon) d’une âme morte1, le reflet (eidolon, eikon) dans l’eau et le miroir2 ou la vision du rêve (phantasma)3, sa réflexion proprement philosophique se concentre principalement autour des notions d’imitation (mimëma), de représentation artistique (eidolon, eikon), de ressemblance (eikon) et d’apparence (phantasma), notions tout aussi courantes en elles-mêmes, mais qui sont ici déplacées – et souvent réinterprétées – dans la perspective théorique spécifique- ment platonicienne. C’est ainsi que nous trouvons chez Platon les idées telles que l’image-représentation artistique (eikon), une statue ou une peinture faite à la ressemblance d’un modèle4, l’image-souvenir (eidolon) qui reste dans l’âme comme une empreinte dans la cire5, l’image- perception (eikon, phantasma) dessinée dans l’âme par un «peintre inté- rieur»6 ou l’image-apparence (phantasma) perçue par l’homme à partir des choses7. Comment pourrions-nous comprendre l’idée initiale qui les réunit toutes? Dans le Sophiste, Platon définit la notion d’image en général, in- cluant les termes mimema, eidolon, eikon et phantasma, comme «un autre pareil, rendu semblable au véritable8». Cette définition, qui déter- mine aussi le genre de la mimésis, veut dire que, pour Platon, l’image implique avant tout l’acte de l’imitation. Mais si...

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