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AutoBioPhagies

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Edited By May Chehab and Apostolos Lampropoulos

De Feuerbach à Derrida, de la gastronomie au cannibalisme et de la saveur à la terreur, cette étude décline les différentes postures du sujet mangeant.
Plus précisément, et résolument ancré dans un corps placé au centre du présent volume, c’est d’abord un sujet phagique jouissif qui triomphe dans l’autobiographie gastronomique. Mais l’étude examine également les modalités d’apparition d’un sujet dysphorique, émietté, spectralisé ou vampirisé, aussi bien dans les littératures de l’éclatement de soi que dans les mises en spectacle des déchirements identitaires de l’art corporel. Les contributions permettent enfin de voir comment la métaphore (auto)phagique, pathologique chez les grands lecteurs, toujours digestive, voire stercoraire, se littérarise dans une quotidienneté diarique recyclée ad nauseam, se redéfini philosophiquement dans un rapport circulaire au monde et voit son essence sondée par la philosophie anti-idéaliste et postmoderne.
Enrichies de l’apport de disciplines différentes, les AutoBioPhagies aspirent en effet à réunir ce que la tradition occidentale a désuni : les deux fonctions principales de la bouche, celle de la parole et celle de la nourriture.

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I. INTRODUCTION

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MAY CHEHAB De l’AutoBioPhagie «Un homme fort et bien doué digère les événements de sa vie (y compris les faits et les forfaits), comme il digère ses repas». F. Nietzsche, La Généalogie de la morale1 «Est-ce une métaphore? Les métaphores ne sont pas moins nécessaires à la métaphysique que les abstractions. Ayez donc recours à l’abstraction, quand la métaphore vous manque, et à la métaphore, quand l’abstraction est en défaut. Saisissez l’évidence, et montrez-la comme vous pourrez». J. Joubert, Pensées2 «Le néologisme littéraire est toujours perçu comme une anomalie, et utilisé en raison de cette anomalie». M. Riffaterre, «Poétique du néologisme»3 ’objectif du présent volume, intitulé AutoBioPhagies, est de contribuer à l’étude des rapports entre parole, nourriture et identité, et de la pensée qui les pense, en considérant tout ensemble ce que la grande tra- dition occidentale platonicienne, chrétienne et cartésienne a par ailleurs désuni: les deux fonctions principales de la bouche, celle de la parole et celle de la nourriture, qui ont été le lieu d’une disjonction entre, d’un côté l’animalité de la bête, le mépris du corps, le matérialisme de la na- ture et, de l’autre, l’exception humaine, la glorification de la parole et de l’esprit, la spiritualité de l’humanité, l’abstraction et l’idéalisme. Déchiré entre ces deux postulations, le sujet naguère souverain et autofondé qui par l’autobiographie tente...

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