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AutoBioPhagies

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Edited By May Chehab and Apostolos Lampropoulos

De Feuerbach à Derrida, de la gastronomie au cannibalisme et de la saveur à la terreur, cette étude décline les différentes postures du sujet mangeant.
Plus précisément, et résolument ancré dans un corps placé au centre du présent volume, c’est d’abord un sujet phagique jouissif qui triomphe dans l’autobiographie gastronomique. Mais l’étude examine également les modalités d’apparition d’un sujet dysphorique, émietté, spectralisé ou vampirisé, aussi bien dans les littératures de l’éclatement de soi que dans les mises en spectacle des déchirements identitaires de l’art corporel. Les contributions permettent enfin de voir comment la métaphore (auto)phagique, pathologique chez les grands lecteurs, toujours digestive, voire stercoraire, se littérarise dans une quotidienneté diarique recyclée ad nauseam, se redéfini philosophiquement dans un rapport circulaire au monde et voit son essence sondée par la philosophie anti-idéaliste et postmoderne.
Enrichies de l’apport de disciplines différentes, les AutoBioPhagies aspirent en effet à réunir ce que la tradition occidentale a désuni : les deux fonctions principales de la bouche, celle de la parole et celle de la nourriture.

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V. LES CORPS DEPLACES DE LA PHILOSOPHIE 193

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V. Les corps déplacés de la philosophie ors d’un séminaire sur l’autobiographie dispensé à l’Université de New York et repris dans le documentaire Derrida1, Jacques Derrida, revenant sur la réponse que Heidegger avait donnée à la question «que pourrait-on dire de la vie d’Aristote?», dit: «C’était un philosophe. Il est né. Il a pensé. Il est décédé. Tout le reste est de l’anecdote pure». Ensuite, Derrida nous rappelle que dans la tradition classique, il est d’une cer- taine manière indécent pour un philosophe de s’exprimer à propos de lui-même comme d’un être empirique, qu’il y avait une sorte de discré- tion ou de politesse qui a contribué à l’établissement d’un champ philosophique dépersonnalisé et, jusqu’à un certain point, décorporéisé. De sorte que la naissance et la mort ne seraient que les deux limites, no- tamment bio-temporelles, de la seule activité essentiellement philoso- phique qu’est la pensée. Dans le même documentaire, Derrida est invité à révéler ce qu’il aurait envie de connaître de grands philosophes. Après quelques secondes d’hésitation, il fournit une réponse sans circonlocu- tions: «leurs vies sexuelles». Cependant, cette préférence n’équivaut ni à un souhait de tourner un film pornographique sur ces philosophes ni à un engagement de sa part de parler de sa propre vie sexuelle. Il s’agit plutôt de l’intérêt que Derrida porte aux vies privées des philosophes, ainsi que de son d...

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