Show Less

AutoBioPhagies

Series:

Edited By May Chehab and Apostolos Lampropoulos

De Feuerbach à Derrida, de la gastronomie au cannibalisme et de la saveur à la terreur, cette étude décline les différentes postures du sujet mangeant.
Plus précisément, et résolument ancré dans un corps placé au centre du présent volume, c’est d’abord un sujet phagique jouissif qui triomphe dans l’autobiographie gastronomique. Mais l’étude examine également les modalités d’apparition d’un sujet dysphorique, émietté, spectralisé ou vampirisé, aussi bien dans les littératures de l’éclatement de soi que dans les mises en spectacle des déchirements identitaires de l’art corporel. Les contributions permettent enfin de voir comment la métaphore (auto)phagique, pathologique chez les grands lecteurs, toujours digestive, voire stercoraire, se littérarise dans une quotidienneté diarique recyclée ad nauseam, se redéfini philosophiquement dans un rapport circulaire au monde et voit son essence sondée par la philosophie anti-idéaliste et postmoderne.
Enrichies de l’apport de disciplines différentes, les AutoBioPhagies aspirent en effet à réunir ce que la tradition occidentale a désuni : les deux fonctions principales de la bouche, celle de la parole et celle de la nourriture.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

VI. CONCLUSION

Extract

APOSTOLOS LAMPROPOULOS Post-phagique «Le corps est une enveloppe: il sert donc à contenir ce qu’il faut ensuite développer. Le développement est interminable. Le corps fini contient l’infini, qui n’est ni âme, ni esprit, mais bien le développement du corps». J.-L. Nancy, Corpus enser à travers un terme qui se veut potentiellement novateur est à la fois un défi et une occasion d’éclairer d’un jour nouveau des ques- tions déjà débattues. Les réflexions sur l’autobiophagie incluses dans le présent volume ont donc revisité la relation entre la nourriture et la pa- role, l’écriture de soi comme banquet scriptural, les pratiques terrifiantes d’auto-cannibalisme et de vampirisme ainsi que les diverses corporéités philosophiques. Ces réflexions ont à maintes reprises renvoyé aux con- cepts de corps, d’identité et de sujet. Or ceux-ci, souvent phagocytés par l’usure même de leur présence remarquablement persistante dans les textes philosophiques et critiques, encouraient le risque de fonctionner comme une «hydraulique cathartique» qui laïcise la chair et désacralise le corps1, puis d’être sollicités comme des passe-partout notionnels ne garantissant qu’une actualité anodine de discours idéologiquement et politiquement conformistes. Face au danger imminent de réitérer une pensée déjà développée, quelle pourrait être la contribution du projet autobiophagique? Situé au cœur de cette problématique, le corps semble hésiter entre deux extrêmes. D’un côté, il est voué à la transparence presque totale de 1 Cf....

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.