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Le portrait individuel

Réflexions autour d’une forme de représentation XIII e -XV e siècles

Edited By Dominic Olariu

Les portraits de la fin du Moyen Âge diffèrent aussi bien des réalisations antérieures que de celles de la Renaissance. À la fois inscrits dans la tradition religieuse et reflétant une nouvelle vision du monde plus profane, ils se présentent comme des représentations novatrices de l’homme préfigurant les périodes ultérieures.
Par-delà les expressions (dévotion, réalisme, art de cour) qui évoquent habituellement ces portraits les actes du colloque réunissant les contributions de spécialistes internationaux en une approche moins convenue montrent comment le portrait fut au cœur de la pensée et de la production d’une époque charnière.

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271 DANIÈLE COHN REMARQUES PHILOSOPHIQUES SUR LE PORTRAIT INDIVIDUEL

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Le portrait ressemble – doit ressembler – à celui dont il est le portrait, à ce qu’il portraiture – trait pour trait suivant son étymologie – telle est la pos- tulation et peu importe que je connaisse le portraituré, qu’il existe ou ait existé. La ressemblance fonctionne comme un critère « naturel », et relève d’un rapport de croyance. Nous sommes certains que le portrait appré- hende quelque chose de son modèle, qu’il montre quelque chose d’un vi- sage, ou du visage. Le portrait semble posséder un pouvoir d’évidence de l’individualité et on peut, en ce sens, aller jusqu’à soutenir que tout por- trait est individuel – le portrait de groupe ne fait pas exception. Nous me- surons la pertinence du portrait à la force d’effectuation avec laquelle il rend visible ce qui est donné à voir et que nous ne voyons pas toujours. Mais comment légitimer ce pouvoir, à quoi, à qui référer, si le portrait en est le lieu ou l’opérateur, la « prise d’identité » qu’il constitue ? Le portrait est la présentation d’une identité figurale. Identité et individu ont-ils par- tie liée ? Pour répondre à cette question, il nous faut définir le rapport qu’entretient le portrait à son rôle dans un processus d’individuation. Le portrait nous révèle-t-il l’individu ? Ne serait-il pas plus exact de dire : par le portrait, de l’individuel advient, se configure et accède à une consis- tance ? Soit alors cette définition du portrait individuel : Le portrait est la saisie d’un eidos « déposé » dans...

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