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Le sonnet et les arts visuels : dialogues, interactions, visibilité

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Edited By Bénédicte Mathios

Cet ouvrage questionne le sonnet au sujet de ses relations aux arts visuels que sont le dessin, la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma. Les champs linguistiques et culturels concernés appartiennent majoritairement aux domaines français et hispanophone, ponctuellement italien et anglophone, le sonnet constituant le fil conducteur essentiel des quatre principaux axes du volume. L’étude examine tout d’abord l’ ekphrasis, inscrite dans l’économie de sonnets qui décrivent un tableau, voire en dérivent, puis les combats et dialogues entre l’image artistique et le sonnet de la Renaissance à l’époque contemporaine. Une troisième modalité analyse diverses mises en mots du visuel dans un sonnet devenu « figure de l’imaginaire », espace où les poètes dessinent, sculptent, peignent, photographient, filment « avec des mots ». Enfin, dans un quatrième temps, la visibilité du sonnet est privilégiée, aussi devient-il « objet d’art visuel », singulièrement à l’époque contemporaine.

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Combats et dialogues entre l’image artistique et le sonnet:ut pictura poiesis ?

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Combats et dialogues entre l’image artistique et le sonnet: ut pictura poiesis? Sonnet pétrarquisant et représentation artiste LOUIS PICARD Lycées Couperin et François 1er de Fontainebleau La confrontation entre sonnet et arts visuels prend place dans un es- pace trouble. La Renaissance a tendance à penser la relation entre les arts sur le mode de leur rivalité, de leur complémentarité et de leur similitude. Ces postulations peuvent sembler contradictoires: la rivali- té disqualifie l’un des termes en présence, la complémentarité réduit les prétentions à l’autonomie, tandis que la similitude minimise les différences spécifiques. Paragone, mutuelle redescription (la peinture comme discours, le discours comme peinture) ou «Ut pictura poesis». C’est que la théorie de l’imitation d’obédience issue d’Aristote «em- pêche l’avènement d’une théorie de la lyrique»1 qui prendrait en compte les spécificités de l’énonciation poétique. C’est uniquement par le fond, non par la forme que la poésie peut être dite mimétique. A cet égard, le sonnet amoureux est une forme de poésie non dra- matique dont la matière propre – le paradigme pétrarquisant éminem- ment conventionnel – rend d’autant plus problématique la prétention à représenter. Le sonnet pétrarquisant pourrait bien n’être que «jargon» purement autoréférentiel. Forme sans objet ou représentation non mi- métique, le sonnet amoureux est alors susceptible de ne représenter que lui-même – ou l’aberration monstrueuse des «reines...

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