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Grotesque et spatialité dans les arts du spectacle et de l’image en Europe (XVIe--XXIe siècles)

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Edited By Aline Le Berre, Florent Gebaude and Philippe Wellnitz

Le présent ouvrage esquisse un vaste panorama de la dramaturgie grotesque européenne, de l’Angleterre à la Pologne, en passant par la France, l’Allemagne et la Norvège, de l’époque préclassique aux créations postmodernes, en incluant le théâtre moderne et contemporain. Au-delà de l’examen des œuvres, les études réunies ici accordent une large place à la production scénique et au paratexte théâtral (frontispice et illustrations, didascalies…). Elles démontrent la variété des formes que peut prendre le grotesque et en même temps l’unité qui existe au sein de cette diversité. Le grotesque, dont les analystes ont souligné la polysémie, l’oscillation entre le rire et l’effroi, la violence et le dérisoire, le trop-plein et le trop-peu, est revisité à la lumière des théories contemporaines de l’espace – verticalité et profondeur, marge et frontières – et plus particulièrement de l’espace corporel et de l’espace théâtral. Le grotesque apparaît comme une catégorie à la fois esthétique et heuristique, un procédé d’écriture (textuelle, scénique, chorégraphique, photographique) antimimétique et une manière d’appréhender la réalité.

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Deuxième partie Théâtre moderne 131

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Deuxième partie Théâtre moderne Le corps grotesque dans Napoléon ou les cent-jours de Grabbe Aline LE BERRE Université de Limoges Grotesque, caricature, satire, ironie, il s’agit de genres voisins qui s’inter- pénètrent, et les critiques n’ont pas fini de se livrer à des controverses sur ce sujet. Il n’est pas aisé de cerner le grotesque. On peut essentiellement en distinguer deux types: l’un franchement bouffon déclenche l’hilarité, l’autre, inquiétant, voire terrifiant, met mal à l’aise. Wolfgang Kayser en a une vision tragique et l’envisage comme la représentation du «monde aliéné»1. Mikhaïl Bakhtine en a une conception plus truculente et plus festive. Selon un critique, «le grotesque [...] provoque chez le spectateur un sentiment contradictoire; la réaction de celui-ci oscille entre le plaisir et l’aversion.»2 Dominique Iehl mentionne deux manifestations du grotesque, celle du foisonnement et celle de la pénurie. Il se penche sur le théâtre grotesque allemand à l’époque du Sturm und Drang et constate qu’il se caractérise par «une étrange raideur»3: Le style du foisonnement cède la place à un style de la pénurie. C’est le cas [...] dans les drames de Lenz où l’image de l’homme est mutilée, perd la dimension vivante et ne conserve plus que la raideur mécanique d’une marionnette. [...] Il est intéressant de 1 Wolfgang KAYSER: Das Groteske in Malerei und Dichtung. Oldenburg, Gerhard Stalling Verlag, 1960, p. 136. 2 Florent GABAUDE: Les Comédies d'Andreas Gryphius (1616-1664)...

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