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Grotesque et spatialité dans les arts du spectacle et de l’image en Europe (XVIe--XXIe siècles)

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Edited By Aline Le Berre, Florent Gebaude and Philippe Wellnitz

Le présent ouvrage esquisse un vaste panorama de la dramaturgie grotesque européenne, de l’Angleterre à la Pologne, en passant par la France, l’Allemagne et la Norvège, de l’époque préclassique aux créations postmodernes, en incluant le théâtre moderne et contemporain. Au-delà de l’examen des œuvres, les études réunies ici accordent une large place à la production scénique et au paratexte théâtral (frontispice et illustrations, didascalies…). Elles démontrent la variété des formes que peut prendre le grotesque et en même temps l’unité qui existe au sein de cette diversité. Le grotesque, dont les analystes ont souligné la polysémie, l’oscillation entre le rire et l’effroi, la violence et le dérisoire, le trop-plein et le trop-peu, est revisité à la lumière des théories contemporaines de l’espace – verticalité et profondeur, marge et frontières – et plus particulièrement de l’espace corporel et de l’espace théâtral. Le grotesque apparaît comme une catégorie à la fois esthétique et heuristique, un procédé d’écriture (textuelle, scénique, chorégraphique, photographique) antimimétique et une manière d’appréhender la réalité.

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Quatrième partie Mises en scènes postmodernes 275

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Quatrième partie Mises en scènes postmodernes No man’s land ou lieu identitaire? La déstructuration grotesque de l’espace dans le théâtre «postdramatique»: Café Umberto de Moritz Rinke (2005) et draußen tobt die dunkelziffer de Kathrin Röggla (2005) Gérard THIERIOT Université de Lille 3 Le concept de réalité étant devenu problématique, tout comme celui de théâtre en prise avec le réel, surtout depuis la chute du Mur et la prétendue «fin de l’histoire», certaines formes de théâtre ne sont plus praticables telles quelles, ainsi les pièces réalistes, voire hyperréalistes, du Volksstück criti- que (Kroetz, Fassbinder, etc.). Pourtant, dans les décennies suivantes, les dramaturges n’ont pas pour autant cherché refuge dans la tour d’ivoire de leur narcissisme. Simplement, des voies différentes ont été explorées. Et l’on s’est ainsi ressouvenu de la grande souplesse qu’autorise le grotesque: paradoxe, pour cette écriture qui paraît au premier abord extrémiste, outrancière. Mais ces outrances signalent que la réalité n’est plus une entité extérieure objective, un absolu. Le gro- tesque montre que le dramaturge est seul maître de sa forme, de ses défor- mations: il est moins nihiliste qu’on ne pourrait le croire. La présence autour de nous d’un «réel sans réalité»1 est un appel: des formes neuves, des pra- tiques scéniques nouvelles, doivent combler le manque, non par le biais d’une mimesis plate et de...

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