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Etudes de sémantique et pragmatique françaises

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Edited By Louis de Saussure and Alain Rihs

Les articles rassemblés dans ce recueil sont issus d’une sélection de communications portant sur la sémantique et la pragmatique du français du colloque « Le français en contextes » de l’Association for French Language Studies, tenu à l’Université de Neuchâtel en septembre 2009. Ils apportent des éclairages nouveaux et des solutions inédites à un ensemble de problématiques classiques qui relèvent des dimensions sémantique et pragmatique du français. Qu’il s’agisse de définir les usages et interprétations des marqueurs aspectuo-temporels, des opérateurs modaux ou des quantificateurs, ou qu’il s’agisse de tracer les contours d’un matériau lexical difficilement saisissable (noms de couleurs ou noms d’idéalités), les auteurs apportent un soin particulier à l’identification des niveaux de sens ; ils s’emploient non seulement à distinguer les parts respectives du code et du contexte dans l’interprétation, mais, plus subtilement encore, examinent l’encodage sémantique sous l’angle de la sélection d’informations contextuelles qu’il implique.

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Alda MARI Pouvoir au passé composé: effet épistémique et lecture habilitative 67

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Pouvoir au passé composé: effet épistémique et lecture habilitative Alda MARI, Institut Jean Nicod, CNRS/ENS/EHESS Introduction L’emploi d’une modalité épistémique est pragmatiquement acceptable lors- que le locuteur ne dispose pas de preuves directes de la vérité de l’assertion qui la contient (e.g. Kartunnen 1972, Dendale & Tasmoski 2001, von Fintel & Gillies 2008). Pour asserter que Jean peut avoir pris le train, le locuteur ne doit pas tenir pour vrai que Jean a effectivement pris le train. De manière générale, le temps de la modalité coïncide avec le temps des preuves. C’est ainsi que l’assertion utilisant une modalité épistémique au présent repose sur des preuves disponibles dans le contexte d’énonciation. En explicitant les temps des preuves, de la modalité et de l’événement on obtient la configuration en (1) pour pouvoir au présent: (1) D’après ce que je sais (maintenant), Jean peut (maintenant) avoir pris le train (dans le passé) Cependant, lorsque pouvoir – sous l’interprétation épistémique – est au passé composé, la localisation temporelle des preuves et celle de la modalité ne coïncident pas. Ce fait a été récemment discuté par Hacquard, qui propose l’exemple suivant (2006: 25): (2) D’après ce que je sais (maintenant), Jean a pu (dans le passé) prendre le train (dans le passé) Afin de faire coïncider le temps des preuves et celui de la modalité, Hacquard (voir aussi Stowell 2004 et Laca 2008) propose une solution «syn- taxique» au...

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