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Les alliances éducatives pour lutter contre le décrochage scolaire

Edited By Jean-Luc Gilles, Pierre Potvin and Chantal Tièche

Les systèmes éducatifs contemporains s’ouvrent à un nombre croissant de professionnels amenés à effectuer des interventions déterminantes pour assurer la réussite éducative et scolaire. Les enseignants, en première ligne, sont toutefois peu préparés à cette évolution qui les conduit à collaborer avec les multiples acteurs de l’éducation extérieurs à l’école. Des cultures professionnelles spécifiques, des codes différents, des zones et des temps d’intervention distincts accentuent encore la difficulté de mise en place d’alliances éducatives.
Dans la lutte contre le décrochage scolaire, un décloisonnement et un partenariat avec les professionnels des domaines tels que l’aide à la jeunesse, la santé, la justice ou l’économie permettent d’améliorer l’efficience de l’école. Dans ce contexte, des alliances éducatives émergent à différents niveaux : micro, en partenariat « jeune – famille – école » ; méso, en inclusion avec des acteurs de sphères telles que : social, santé ou justice ; et enfin, macro, en englobant les niveaux micro et méso, où des dispositifs communautaires mobilisent de larges alliances éducatives au sein de régions entières.
Cet ouvrage donne la parole à des chercheurs et des praticiens impliqués dans des alliances éducatives entre divers acteurs. Ils y font état des besoins couverts, des modèles utilisés, des ressources mobilisées et de diverses pratiques, tout en s’interrogeant sur les valeurs en toile de fond et les aspects contextuels.

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Première partie - Les alliances éducatives : une réponse à la multifactorialité des situations de décrochage

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19 Première partie Les alliances éducatives : une réponse à la multifactorialité des situations de décrochage L’association de l’absentéisme et du décrochage scolaire avec la délinquance est-elle pertinente ? Catherine BLAYA1 L’absentéisme, le décrochage scolaire et leur lien éventuel avec la dé- linquance juvénile sont au centre des débats éducatifs et politiques. La construction de l’absentéisme comme problème scolaire et social prend racine dans les fonctions de garde de l’école, à l’origine même de l’école obligatoire. Il concerne, entre autres, la protection de la société que l’on retrouve dans les réactions face à la délinquance juvénile, le jeune ab- sent de l’école étant alors perçu comme dangereux (Blaya, 2010). En France, à la fin des années 1970 et dans les années 1980, l’absentéisme est redevenu une source de préoccupation. Les rapports de l’Inspecteur Général à la vie scolaire, Tallon (1979), qui étudient pour la première fois la violence en milieu scolaire utilisent l’absentéisme comme indi- cateur, déjà clairement corrélé à la violence. À partir des années 1980, les problèmes d’insertion sociale et professionnelle des jeunes non di- plômés (Schwartz, 1981), en parallèle avec l’émergence des émeutes urbaines et d’une forte préoccupation pour la sécurité intérieure, ont contribué à renforcer les représentations sociales selon lesquelles le fait d’être en dehors de l’école est associé à des comportements d...

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