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L’Education nouvelle, histoire, présence et devenir

Deuxième tirage

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Edited By Annick Ohayon, Dominique Ottavi and Antoine Savoye

L’idée d’une « Education nouvelle » est ancienne. Elle plonge ses racines au moins dans le 18 e siècle et s’épanouit déjà à la fin du 19 e siècle. Le projet de renouveler de fond en comble l’entreprise éducative est donc un fait historique de longue durée, caractéristique des sociétés occidentales contemporaines et de leur projet démocratique.
Face à ce sempiternel désir de « changer l’école », la tâche qui s’offre à notre époque est de repenser l’Education nouvelle dans son histoire diverse et multiple. C’est l’objectif du présent ouvrage. Les contributions qui le composent offrent un nouveau regard sur la nébuleuse de l’Education nouvelle, constituée de théories hétérogènes et de personnalités également très différentes. Elles traitent d’abord de ses prolégomènes au 19 e siècle, puis de ses rapports avec certaines sciences humaines comme la psychologie et la psychanalyse, avant d’aborder le problème de son devenir paradoxal à l’époque contemporaine. En effet, alors que ses idéaux et ses mots mêmes habitent le discours ordinaire du monde éducatif, l’Education nouvelle a cessé d’être le moteur de la pensée pédagogique et de l’expérimentation depuis plusieurs décennies.
Ainsi revisitée, l’Education nouvelle constitue une source de réflexion pour le présent, stimulant la pensée de l’éducation actuellement confrontée à des problèmes immenses pour lesquels les ressources théoriques héritées de la seconde partie du 20 e siècle semblent inopérantes.

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III. Parcours, destins et devenirs 233

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Troisième partie Parcours, destins et devenirs Antoine Savoye L’Education nouvelle en France De son irrésistible ascension à son impossible pérennisation (1944-1970) En France, à la veille de la deuxième guerre mondiale, l’Education nou- velle (EN, dans la suite du texte) n’est plus le projet utopique de quelques personnalités hors du commun, mais une réalité incarnée dans des individus, rassemblés en un mouvement et qui ont à leur actif une œuvre intellectuelle et des réalisations pratiques non négligeables. Elle commence à diffuser dans l’enseignement public et à inspirer ses poli- tiques réformatrices. Ce développement, ralenti par la guerre, va connaître un élan nouveau à la Libération pour, cependant et contre toute attente, déboucher quelques années plus tard sur une extinction de l’EN dont le vocable même n’apparaît plus porteur de sens dans le champ éducatif. C’est cette évolution que nous nous proposons de re- constituer avant d’en proposer quelques hypothèses explicatives. L’ÉTAT DES LIEUX À LA VEILLE DE LA GUERRE Tout en constituant un ensemble relativement cohérent de valeurs et de principes, de finalités et d’objectifs, de pratiques et d’expériences, l’EN ne forme pas un tout homogène. Sur le plan des conceptions, on peut y distinguer plusieurs orientations. Concernant les enfants relevant de l’enseignement primaire, l’orientation représentée par Roger Cousinet, animateur du courant dénommé la «Nouvelle Education» (1921)1, voi- 1 Sur cette orientation, l’ouvrage de référence est celui...

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