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Circulations et réseaux transnationaux en Europe (XVIII e -XX e siècles)

Acteurs, pratiques, modèles

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Edited By Landry Charrier, Karine Rance and Friederike Spitzl-Dupic

Face aux défis engendrés par la globalisation, les sciences humaines et sociales se sont emparées des phénomènes transnationaux. C’est à cet objet que se sont attachés les auteurs de ce livre, en étudiant diasporas et réseaux, circulation de modèles politiques et culturels, dans des situations concurrentielles ou conflictuelles de domination, de guerre, ou d’occupation militaire. Issu d’un projet interdisciplinaire associant la Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand (USR 3550) et le Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (EA 1001), cet ouvrage met en lumière des formes de transferts et de croisements multiples du XVIII e au XX e siècle, dans le contexte du débat sur la nation et de l’émergence de l’Etat-nation.

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Landry CHARRIER / Karine RANCE / Friederike SPITZL-DUPIC - Introduction VII

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Introduction Landry CHARRIER, Karine RANCE, Friederike SPITZL-DUPIC Si les phénomènes transnationaux ne sont pas nouveaux, ils ont pris en quelques décennies une ampleur inégalée du fait de la globalisation et d’une dimension technologique inédite. La prise de conscience de ces mutations, dans le contexte postcolonial, a favorisé l’émergence de nouveaux courants historiographiques (histoire croisée, connectée, entangled history…). Ceux- ci rendent compte des rapports de pouvoir asymétriques qui ont été longtemps renforcés, voire cautionnés, par le biais d’une écriture de l’histoire qui avait la nation pour cadre et l’occident pour horizon. Ces décennies coïncident aussi avec la «fin des paradigmes» qui marque les sciences sociales depuis les années 1980. Plus qu’un paradoxe1 dans ce contexte d’effondrement des modèles explicatifs marxiste et structuraliste, l’émergence d’un intérêt accru pour l’histoire transnationale est peut-être une réponse au besoin de retrouver un cadre pour appréhender le passé. Mais ce succès est aussi lié à l’arrivée d’une nouvelle génération de chercheurs plus mobiles et polyglottes2, comme en atteste ce livre. Cette combinaison de facteurs a favorisé une utilisation inflationniste des termes «transnationalisme» et «transnationalisation» dans les sciences sociales depuis la fin des années 1990. Le phénomène est même doté d’un dictionnaire depuis 2009.3 Ce succès brutal n’est pas sans déclencher le scepticisme de certains historiens.4 A juste titre, ceux-ci mettent en avant le flou d’une...

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