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«Quand les vers sont bien composés»

Variation et finesse, l’art des «Contes et nouvelles en vers« de La Fontaine

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Jole Morgante

Pourquoi La Fontaine a-t-il refusé de renoncer aux Contes ainsi qu’on le lui imposait ? Leur composition explique le changement de fortune et l’entêtement du poète à détourner les obstacles. Mais pour en saisir la valeur et la cohérence il fallait comprendre aussi quel est le sens à donner aux deux termes employés : conte et nouvelle.
La recherche menée dans cet ouvrage s’étend aussi à d’autres œuvres de La Fontaine et à la tradition du récit plaisant, tout en prenant en compte la question philosophique des passions. Car par le tissage de ces discours, les variations formelles des Contes assurent la subtile compénétration des niveaux expressif et cognitif et diffractent leurs propositions dans un miroitement amusant et parfois même déroutant. Leur analyse permet alors de mieux percevoir les jeux d’allusion ainsi que le geste final du poète insérant des contes dans le dernier livre des Fables (1694). Au-delà de l’adéquation aux changements extérieurs, cette insertion soude les ressources des genres narratifs brefs longuement pratiqués : conte, nouvelle et fable. Distincts mais issus d’une même matrice, ils sont le moyen par lequel La Fontaine atteint la plus grande cohérence esthétique et éthique.

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PREMIÈRE PARTIE - STATUT PROBLÉMATIQUE DES CONTES

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PREMIÈRE PARTIE STATUT PROBLÉMATIQUE DES CONTES Les Contes: leur réception hier et aujourd’hui En 1665 Jean de La Fontaine, qui avait jusque là réservé son œuvre à une circulation privilégiée et restreinte, entreprend de s’exposer publiquement par une édition contenant, entre autres, Le Cocu Battu et content et Jo- conde.1 Ainsi que le signale le titre (Nouvelles en vers) et selon ce que précise l’Avertissement, il s’agit de deux textes narratifs par lesquels l’au- teur donne un coup d’essai visant à explorer quel serait le modèle qui ren- contrerait le mieux le goût du public. Leur différence porte à la fois sur le sujet et sur le style, selon une dichotomie qui paraît se résumer dans les deux noms donnés toujours dans le titre: Boccace et l’Arioste. De fait, il s’agit de deux manières différentes, voire opposées, de donner une nou- velle vie à des récits bien connus.2 1 Nouvelles || En Vers || Tirée [sic] de Bocace || Et de l’Arioste || Par M. de L.F. || chez Claude Barbin, vis à vis || le Portail de la Sainte Chapelle || au signe de la Croix || M.DC.LXV || Avec Privilège du Roi. Le volume recueille aussi la Matrone d’Éphèse, un moment attribuée à Saint-Évremond, mais dernièrement rendue à La Valterie. Ce ne sera qu’en 1682 que La Fontaine donnera sa propre version de l’épisode du Satyricon et sa nouvelle sera insérée dans le dernier livre des Fables...

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