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«Quand les vers sont bien composés»

Variation et finesse, l’art des «Contes et nouvelles en vers« de La Fontaine

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Jole Morgante

Pourquoi La Fontaine a-t-il refusé de renoncer aux Contes ainsi qu’on le lui imposait ? Leur composition explique le changement de fortune et l’entêtement du poète à détourner les obstacles. Mais pour en saisir la valeur et la cohérence il fallait comprendre aussi quel est le sens à donner aux deux termes employés : conte et nouvelle.
La recherche menée dans cet ouvrage s’étend aussi à d’autres œuvres de La Fontaine et à la tradition du récit plaisant, tout en prenant en compte la question philosophique des passions. Car par le tissage de ces discours, les variations formelles des Contes assurent la subtile compénétration des niveaux expressif et cognitif et diffractent leurs propositions dans un miroitement amusant et parfois même déroutant. Leur analyse permet alors de mieux percevoir les jeux d’allusion ainsi que le geste final du poète insérant des contes dans le dernier livre des Fables (1694). Au-delà de l’adéquation aux changements extérieurs, cette insertion soude les ressources des genres narratifs brefs longuement pratiqués : conte, nouvelle et fable. Distincts mais issus d’une même matrice, ils sont le moyen par lequel La Fontaine atteint la plus grande cohérence esthétique et éthique.

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EN GUISE DE CONCLUSION - Le XIIe livre des Fables ou le mot de la fin 407

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EN GUISE DE CONCLUSION Le XIIe livre des Fables ou le mot de la Jn En 1694, mais avec un achevé d’imprimer de septembre 1693, Claude Barbin fait sortir un dernier volume de Fables qui, à partir de l’édition posthume de 1709, sera donné comme le XIIe livre et sera donc reçu dans les éditions modernes comme la conclusion d’une série ininterrompue et formant une unité. Or la publication du volume pose en revanche un cer- tain nombre de questions qui méritent un regard plus poussé, parce que ce livre est susceptible de donner quelques lumières sur la valeur que prend ce geste de clôture d’une œuvre, les Fables choisies et mises en vers, qui s’est développée par phases successives pendant près de trente années, de 1668 à 1694, sans oublier le passage essentiel du deuxième recueil, paru dans l’édition de 1678-1679 et la publication de pièces détachées tout au long de cette période, pièces ensuite recueillies dans les éditions d’ensem- ble.1 Les points d’arrêt de ces éditions sont ainsi autant de gestes qui – au- delà des avantages économiques pour l’auteur et l’éditeur – consacrent la continuité de l’œuvre, tout en conwrmant la valeur du fabuliste aux yeux des contemporains et des générations à venir. Pour ce qui est des questions posées par la publication du dernier volume, il est avant tout utile de souligner l’importance de la date: non 1...

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