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Aux sources féeriques du Conte du Graal

Peronnik l’idiot et Perceval le nice

Isolde Crahay

En 1845, dans Le Foyer breton, recueil de traditions populaires, E. Souvestre publia Peronnik l’idiot, l’estimant apparenté au Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Mais le caractère composite du récit armoricain, pourtant banal en littérature orale, a occulté son appartenance à un conte type répertorié dont le héros a la réputation d’être idiot.
La comparaison serrée entre les quatre récits médiévaux narrant l’aventure initiale de Perceval démontre que ce conte type – d’où vient aussi Peronnik l’idiot – est la source du tout premier noyau du Conte du Graal. En démêlant pour chaque motif du récit breton l’hérité et l’ajouté, l’étude découvre de surprenants archaïsmes, transmis par Souvestre à son insu, et réhabilite recueil et conte, riches d’éléments anciens méconnus, rares et précieux. L’exposition progressive des indices détectés et des étapes du raisonnement invite le lecteur à partager avec l’auteur le passionnant chemin de la découverte.
Chrétien maîtrisait visiblement l’art d’adapter ses sources à son projet : l’analyse de ses détournements créateurs éclaire à merveille la naissance de cette œuvre mythique, nous donnant de nouvelles raisons de l’admirer.

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Remerciements IX

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IX Remerciements Ma gratitude ira tout d’abord à Monsieur le professeur Philippe Ménard, sans qui cet ouvrage n’existerait pas. Il accepta de diriger une thèse dont le sujet, en partie folklorique, eût pu rebuter un chartiste, et il m’étonna dès le début par la rare étendue de ses con- naissances. Je tiens à rendre un particulier hommage à son scepti- cisme, qui va jusqu’à savoir douter du doute, pierre de touche de la vérité. Sa rigueur m’a inculqué la nécessité de contrôler mes trouvailles et m’y a même fait prendre goût. « Ne soyez pas seule de votre avis ! », m’a-t-il dit un jour. La novice que j’étais n’osa rien répondre, mais je me suis demandé: « A quoi bon soutenir une thèse si on suit un sentier battu ? ». C’est seulement plus tard, au cours de la recherche, que j’ai compris à quel point était pertinent le conseil, et combien aussi justifié le nous de l’auteur : chacun met ses pas dans ceux des chercheurs qui l’ont précédé avant de tenter d’aller un peu plus loin. Et c’est même fort agréable de ne pas être tout seul ! Ainsi, j’obéissais à mon directeur quand j’ai voulu faire vérifier ma traduction du poème de Thornton, souvent très concis, rédigé dans un anglais antérieur à Shakespeare. Introduite par des professeurs anglicistes de la Sorbonne, en particulier Madame Yvonne Bridier, que je remercie de tout cœur ici, j’ai eu...

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