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Aux sources féeriques du Conte du Graal

Peronnik l’idiot et Perceval le nice

Isolde Crahay

En 1845, dans Le Foyer breton, recueil de traditions populaires, E. Souvestre publia Peronnik l’idiot, l’estimant apparenté au Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Mais le caractère composite du récit armoricain, pourtant banal en littérature orale, a occulté son appartenance à un conte type répertorié dont le héros a la réputation d’être idiot.
La comparaison serrée entre les quatre récits médiévaux narrant l’aventure initiale de Perceval démontre que ce conte type – d’où vient aussi Peronnik l’idiot – est la source du tout premier noyau du Conte du Graal. En démêlant pour chaque motif du récit breton l’hérité et l’ajouté, l’étude découvre de surprenants archaïsmes, transmis par Souvestre à son insu, et réhabilite recueil et conte, riches d’éléments anciens méconnus, rares et précieux. L’exposition progressive des indices détectés et des étapes du raisonnement invite le lecteur à partager avec l’auteur le passionnant chemin de la découverte.
Chrétien maîtrisait visiblement l’art d’adapter ses sources à son projet : l’analyse de ses détournements créateurs éclaire à merveille la naissance de cette œuvre mythique, nous donnant de nouvelles raisons de l’admirer.

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Annexe C Le Bassin d’or de Du Laurens 371

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371 Annexe C Le Bassin d’Or Récit du Faucheur Un vieux Faucheur, assis auprès de nous sur le gazon de la prairie, nous disait un soir, tout en battant le fer de sa faulx : – O vous qui hochez la tête, ou qui avez l’air de rire quand un ancien raconte devant vous les merveilles du temps passé, allez donc, en revenant de dire vos prières à Rumengol, allez, par un beau clair de lune, dans la forêt du Kranou ; allez plus loin que les ruines de l’Ermitage ; appro- chez-vous sans bruit des pierres et des dolmen qui sont là couchés sous les ronces ; écoutez au milieu du silence du soir… Vous ne ver- rez venir ni le Ramier bleu, ni le dragon aux trois têtes, ni le nain noir qui gardait le bassin d’or ; mais vous verrez passer les ombres des aventuriers morts dans ces lieux, les ombres des soldats francs tombés sous les coups de Lez-Breiz et de son page ; vous entendrez leurs gémissements et leurs soupirs. Je me hâtai d’ajouter, en voyant le sourire de l’incrédulité monter aux lèvres de mes jeunes amis : – Qui oserait douter de vos discours et rire des choses terribles que vous savez et que vous allez nous conter, n’est-ce pas ? Rassuré par mon air sérieux, le vieux faucheur prit la parole : Il est bon de vous dire qu’autrefois, il y a mille ans et plus, tous les jeunes paotred1 qui avaient...

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