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L’art de gouverner : questions éthiques et politiques

Edited By Adrien Louis and Ariane Revel

Le présent volume est le résultat des interventions et des discussions qui prirent place lors de deux journées d’études organisées à l’Université Paris-Est Créteil à l’automne 2010. Croisant les perspectives de la philosophie, de la science politique, de l’histoire et de la sociologie, cet ouvrage reprend la question de l’art de gouverner pour en montrer le caractère de noeud problématique pour notre modernité. L’art de gouverner fait signe vers une politique qui ne se confond ni avec la science, ni avec la technologie, et qui renvoie immédiatement à une dimension éthique : ce que peut ou doit être le « bon gouvernement » des hommes, les qualités nécessaires à celui qui gouverne, la relation du gouvernant et du gouverné. Partant de l’hypothèse que le contexte démocratique et le progrès des sciences du gouvernement ont radicalement infléchi ces questions traditionnelles, il s’agit donc, à travers des lieux spécifiques du gouvernement moderne, de s’interroger sur la rationalité propre à l’art de gouverner, ses déplacements, et ses limites. Les textes ici rassemblés pointent des dimensions problématiques de l’art de gouverner.

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Nicolas Poirier - Quel projet politique contre la domination bureaucratique ? Castoriadis et Lefort à Socialisme ou Barbarie (1949-1958) 55

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Nicolas POIRIER Quel projet politique contre la domination bureaucratique ? Castoriadis et Lefort à Socialisme ou Barbarie (1949-1958) Si Cornelius Castoriadis et Claude Lefort ont pu collaborer dans le cadre de Socialisme ou Barbarie, groupe né en 1949 d’une tendance formée au sein du Parti Communiste Internationaliste, formation trotskyste où mi- litaient Lefort et Castoriadis depuis 1946, et développer une critique sans concessions du stalinisme au travers d’une analyse originale du phéno- mène bureaucratique, il ne faut pas pour autant confondre leurs trajectoi- res, qui, si elles ont pu se recouper et travailler dans le même sens, ont aussi emprunté des chemins fort divergents : la finalité d’un mouvement antibureaucratique porté par la classe ouvrière devait s’entendre, d’après Lefort, au sens d’une lutte permanente menée contre la domination bu- reaucratique sans que cette contestation soit subordonnée aux objectifs d’une prise de pouvoir sous la direction d’un parti révolutionnaire. Pour Castoriadis, au contraire, l’objectif légitime d’un mouvement prolétarien ne devait pas être simplement la résistance aux nouvelles formes de do- mination et d’exploitation dans le cadre du capitalisme bureaucratique, mais plus largement l’exercice du pouvoir sous la forme d’une démocra- tie directe redéfinie comme autogestion ouvrière de la société. C’est de là qu’il faut partir pour comprendre les divergences entre Castoriadis et Lefort à Socialisme ou Barbarie, et c’est à l’analyse de ces désaccords que le présent article entend travailler : Castoriadis aura tou- jours défendu le...

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