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L’art de gouverner : questions éthiques et politiques

Edited By Adrien Louis and Ariane Revel

Le présent volume est le résultat des interventions et des discussions qui prirent place lors de deux journées d’études organisées à l’Université Paris-Est Créteil à l’automne 2010. Croisant les perspectives de la philosophie, de la science politique, de l’histoire et de la sociologie, cet ouvrage reprend la question de l’art de gouverner pour en montrer le caractère de noeud problématique pour notre modernité. L’art de gouverner fait signe vers une politique qui ne se confond ni avec la science, ni avec la technologie, et qui renvoie immédiatement à une dimension éthique : ce que peut ou doit être le « bon gouvernement » des hommes, les qualités nécessaires à celui qui gouverne, la relation du gouvernant et du gouverné. Partant de l’hypothèse que le contexte démocratique et le progrès des sciences du gouvernement ont radicalement infléchi ces questions traditionnelles, il s’agit donc, à travers des lieux spécifiques du gouvernement moderne, de s’interroger sur la rationalité propre à l’art de gouverner, ses déplacements, et ses limites. Les textes ici rassemblés pointent des dimensions problématiques de l’art de gouverner.

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Diego Vernazza - L’art de gouverner suivant l’esprit des lois 109

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Diego VERNAZZA L’art de gouverner suivant l’esprit des lois Le propos de ce texte est de montrer les liens entre la sociologie de Montesquieu, basée sur l’idée de « convenance », et le principe politique de la « modération » qui structure l’ensemble de l’Esprit des lois. Pour ce faire, je partirai d’une analyse de sa définition du régime despotique, pour déployer ensuite les linéaments généraux de sa philosophie poli- tique. La première définition qui est donnée du despotisme dans l’Esprit des lois est la suivante : « un seul, sans loi et sans règle, entraîne tout par sa volonté et par ses caprices » (EL, II, 1). Plus loin, on trouve une nouvelle proposition, cette fois-ci sous le nom de tyrannie : « Il y a deux sortes de tyrannie : une réelle, qui consiste dans la violence du gouvernement ; et une d’opinion, qui se fait sentir lorsque ceux qui gouvernent établissent des choses qui choquent la manière de penser d’une nation » (EL, XIX, 3)1. Au moins deux éléments sont à retenir dans ces définitions : le des- potisme (ou tyrannie) est défini d’une part comme violence faite aux institutions politiques, et d’autre part comme institution d’un ordre contraire « à la manière de penser d’une nation », aux « mœurs et maniè- res » d’un peuple. Le premier despotisme porte atteinte aux institutions « du législateur », le second aux « institutions de la nation en général » (EL, XIX, 14). Les deux...

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