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L’art de gouverner : questions éthiques et politiques

Edited By Adrien Louis and Ariane Revel

Le présent volume est le résultat des interventions et des discussions qui prirent place lors de deux journées d’études organisées à l’Université Paris-Est Créteil à l’automne 2010. Croisant les perspectives de la philosophie, de la science politique, de l’histoire et de la sociologie, cet ouvrage reprend la question de l’art de gouverner pour en montrer le caractère de noeud problématique pour notre modernité. L’art de gouverner fait signe vers une politique qui ne se confond ni avec la science, ni avec la technologie, et qui renvoie immédiatement à une dimension éthique : ce que peut ou doit être le « bon gouvernement » des hommes, les qualités nécessaires à celui qui gouverne, la relation du gouvernant et du gouverné. Partant de l’hypothèse que le contexte démocratique et le progrès des sciences du gouvernement ont radicalement infléchi ces questions traditionnelles, il s’agit donc, à travers des lieux spécifiques du gouvernement moderne, de s’interroger sur la rationalité propre à l’art de gouverner, ses déplacements, et ses limites. Les textes ici rassemblés pointent des dimensions problématiques de l’art de gouverner.

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Félix Blanc - Que signifie « gouverner en temps de guerre »dans les régimes représentatifs ? 145

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Félix BLANC Que signifie « gouverner en temps de guerre » dans les régimes représentatifs ? Au XVIIIe siècle, le régime représentatif s’est progressivement constitué à l’occasion d’une profonde érosion des monarchies absolues et limitées. Certes, la monarchie anglaise représentait un modèle attractif pour établir un régime politique dans des territoires aussi étendus que les treize Ré- publiques d’Amérique et la France révolutionnaire. Pourtant, les révolu- tionnaires américains et français essayèrent de remettre en cause ce modèle et de créer un système politique républicain renouvelé dans ses principes et ses institutions : le gouvernement représentatif. Dans le cas américain, l’indépendance vis-à-vis de la métropole se traduisit par une critique radicale de la monarchie parlementaire et, notamment, de la pré- rogative royale. Dans le cas français, le défi était double, puisque les révolutionnaires s’attaquaient, pour les plus modérés d’entre eux, à la monarchie absolue, et, pour les plus radicaux, à l’idée même de monar- chie. Dans ces circonstances, les pouvoirs de guerre furent âprement débattus et concentrèrent l’énergie des révolutionnaires, notamment à la Constituante, parce qu’ils étaient considérés comme le droit le plus ina- liénable du souverain – l’attribut essentiel de la monarchie absolue – mais aussi parce qu’ils étaient perçus comme un instrument d’oppression politique et économique1. Les guerres d’agression menées par la France et l’Angleterre, dont...

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