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Population en danger !

La lutte contre les fléaux sociaux sous la Troisième République

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Virginie De Luca Barrusse

Qu’y a-t-il de commun entre l’alcoolisme, les maladies vénériennes, la tuberculose? A priori peu de choses, en dehors de leur étiquette commune de « fléau social ». Mais, si chacun présente des spécificités propres, force est de contacter la convergence des dangers qu’ils présentent. Ces fléaux sociaux menacent la population. Ils sont la cause d’un surcroît de mortalité dans une France qui se singularise déjà par de hauts niveaux comparativement à ses voisins. Mais ils compromettent aussi « la qualité » de la population en vertu de l’idée selon laquelle ils se transmettent de génération en génération. Aussi, face à un tel danger, les fléaux sociaux font-ils l’objet d’une intense mobilisation qui conduira à la mise en place d’une véritable politique de population que l’expression « hygiène sociale » subsume. Un ensemble de mesures est portée par des associations réunies au sein d’institutions qui lui sont dédiées et ce, en dépit de concurrences fortes entre elles. Leur objectif : protéger voire encourager le renouvellement démographique.
Le livre s’intéresse à l’intense mobilisation qu’ont suscité ces fléaux sociaux et aux actions – le plus souvent convergentes qu’ils ont menés sous le label d’« hygiène sociale ». La lutte contre les fléaux est passée en particulier par l’éducation des populations. L’analyse de ses contenus, si elle témoigne des balbutiements de l’éducation à la santé dévoile aussi les représentations de ce que doit être la démographie française et de ce qui la menace.

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Introduction 1

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Introduction Ce livre s’intéresse aux représentations de l’évolution et du renouvelle- ment de la population qui alimentent une pensée démographique large- ment partagée. Il en examine les effets sur le référentiel qui guide les politiques de population. La question du renouvellement de la population n’est pas du seul ressort de la démographie en effet. Elle est aussi consti- tutive d’une pensée démographique qui s’est développée parallèlement à ses méthodes, en lien avec elle certes mais aussi hors des cercles experts. La pensée démographique peut être définie comme l’ensemble des repré- sentations, des images et des émotions qui sont associées à l’évolution et à la composition de la population. Comme le note Rémi Lenoir, la pen- sée démographique s’est instituée « dans les évidences de l’expérience ordinaire »1. Si, dans les années 1875-1885, en France, la démographie échoue à s’institutionnaliser et à s’autonomiser de la statistique, en re- vanche une pensée démographique s’enracine à ce moment-là2. Non pas qu’elle naisse à ce moment-là. Loin s’en faut. Les recherches sur les XVIIe et XVIIIe siècles en particulier montrent l’existence d’une pensée démographique hybride qui s’insinue dans les arcanes du politique3. Cependant, les années 1880 voient se cristalliser un certain nombre de préoccupations convergentes, en France et en Europe, qui intéressent l’évolution et le renouvellement de la population. La pensée démogra-...

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