Show Less

L’intime et l’apprendre

La question des langues vivantes

Series:

Edited By Marie Berchoud, Blandine Rui and Claire Mallet

Les dimensions négligées des apprentissages, tel est le propos de cet ouvrage : pourquoi, en effet, ne pas aller voir du côté des « évidences invisibles » que partagent, parfois à leur insu, ceux qui enseignent et apprennent ? Quand se déploient les résultats des neurosciences et du cognitivisme, mais aussi les pratiques massives et souvent peu réfléchies issues du Cadre européen commun de référence, il nous semble urgent de nous distancier de ces discours convenus et contradictoires. Autrement dit, cet ouvrage constitue un lieu d’interrogation formative indispensable pour les enseignants et formateurs, et tous ceux qui apprennent en particulier des langues. Ce qu’on nomme couramment l’intime est en fait ce segment souvent oublié qui relie le « je » de chacun à ses motivations, désirs, attentes, projets et activités. Cet ouvrage explore donc l’intime, en s’appuyant sur des recherches et des expérimentations menées avec des publics variés : enfants et jeunes en situation scolaire, mais aussi migrants apprenant la langue du pays d’accueil, étudiants en formation pour le professorat, étudiants en immersion bilingue, bref tout individu « prenant langue en terre nouvelle »… Ainsi cet ouvrage se donne-t-il pour objectif d’étudier en profondeur les corpus, les situations et les contextes étudiés, en mobilisant de nombreux exemples, notamment issus de moments dans la classe, dans lesquels apparaît l’émergence des différentes dimensions de l’intime et du sujet apprenant.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Contrepoint. Vers une « introspection anthropologique » de l’intime et de l’apprendre - ALINE GOHARD-RADENKOVIC 183

Extract

ALINE GOHARD-RADENKOVIC Université de Fribourg, Suisse Contre-point. Vers une « introspection anthropologique »30 de l’intime et de l’apprendre Depuis deux décennies, un grand nombre d’études investiguant « l’intime » d’une part et « l’apprendre » d’autre part, issues essentiel- lement de travaux nord-américains et véhiculés par le domaine de l’Applied linguistics31, investissent le champ de la didactique des langues et des cultures en Europe (et au-delà), en convoquant à la fois l’analyse des « émotions » et l’étude des « processus d’acquisition des langues », en privilégiant les méthodes et outils d’analyse du psycho- cognitivisme et des neurosciences. Les politiques linguistiques et éducatives de l’Union européenne – et du Conseil de l’Europe relayant ces conceptions (Guide, 2007), se 30 Une expression que nous avons utilisée pour la première fois dans Communiquer en langue étrangère. De compétences culturelles vers des compétences linguistiques (Peter Lang, 1999, rééd. 2004), où nous proposions déjà une perspective socio-anthropologique dans l’analyse de la relation à soi et à l’autre, nous démarquant ainsi des disciplines de référence habituelles dans la formation des enseignants de langues. 31 Qui ne peut être traduit par « linguistique appliquée » (voir Introduction de Zarate, Lévy et Kramsch, 2008/2011) car l’Applied Linguistics est un champ composite et complexe – comme peut l’être d’ailleurs la didactologie des langues et cultures étrangères qui s’est diversifiée depuis sa reconnaissance académique dans les années 80. L’Applied Linguistics, bénéficiant de l’anglais considéré désormais...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.