Show Less

Aspects de l’itération

L’expression de la répétition en français : analyse linguistique et formalisation

Series:

Laurent Gosselin, Yann Mathet, Patrice Enjalbert and Gérard Becher

Cet ouvrage porte sur l’itération en tant qu’objet linguistique. Il s’agit d’étudier comment une langue telle que le français nous permet de concevoir et d’exprimer la répétition d’événements, d’états, de périodes. Cette question, traditionnellement formulée en termes « d’aspect itératif », se décline en une série d’interrogations particulières : quelle serait la nature, lexicale ou grammaticale de cet « aspect » ? Quel rapport entre itération et pluralité nominale ? Quels sont les « déclencheurs » ou, plus généralement, les « sources » de l’itération ? Quelles représentations sémantiques et comment les calculer ? …
Les réponses ici présentées ont été élaborées dans une approche pluridisciplinaire guidée par des principes communs. Nous proposons d’abord une analyse linguistique capable de rendre compte d’énoncés itératifs très complexes (empruntés à Flaubert et Proust). L’appareillage informatique des « modèles objet » permet de donner corps à une appréhension conceptuelle de l’itération, articulant points de vue générique et extensionnel. Le modèle logico-algébrique des « intervalles généralisés » enfin, emprunté à l’intelligence artificielle, est exploité pour formaliser l’inscription temporelle des énoncés itératifs.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 3. L’itération: structures temporelles et quantification Patrice Enjalbert et Gérard Becher, Université de Caen 235

Extract

L’itération: structures temporelles et quantification Patrice ENJALBERT et Gérard BECHER, Université de Caen-Basse Normandie 1. Introduction Dans ce chapitre, nous nous proposons de porter un regard formel et, plus précisément, algébrique et logique, sur le modèle linguistique de l’itération décrit au chapitre 1. Nous poursuivons ici une entreprise de longue haleine menée à propos de la théorie SdT1, visant d’une part à une implémentation du modèle, et de l’autre à l’explicitation, grâce à leur formalisation, de cer- tains concepts «sensibles». La première direction a donné lieu à l’implémentation par Cédric Person d’un fragment, assez complet sans être exhaustif, du modèle (Person, 2004) (Gosselin, Person, 2005)2. Une telle implémentation pourra être utile dans des applications pratiques relevant du Traitement Automatique des Langues3: elle est aussi clairement revendiquée comme composante d’une démarche hypothético-déductive, comme outil permettant d’évaluer expé- rimentalement, sur des textes, les hypothèses linguistiques constitutives de la théorie (Gosselin, Person, 2005). Dans la seconde perspective mention- nons (Becher et al., 2000), concernant le délicat problème d’une définition mathématique de l’opposition ponctuel vs. duratif. De manière générale, le modèle de la temporalité SdT proposé par Lau- rent Gosselin se prête bien à une formalisation poussée. Les notions rela- tives à l’aspectuo-temporalité sont en effet caractérisées par un jeu 1 Tel est, rappelons-le, le nom donné par Laurent Gosselin à son mod...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.