Show Less

Jean Luchaire et la revue «Notre Temps» (1927-1940)

Series:

Jean-René Maillot

Cet ouvrage propose une lecture approfondie de la revue Notre Temps (1927-1940) et montre quelle est sa place parmi les relèves de l’entre-deux-guerres. Il apporte un éclairage nouveau sur l’itinéraire de Jean Luchaire (1901-1946), son directeur, grâce à l’analyse de son discours public de 1913 à 1940. Celui-ci a incarné le jeune radicalisme puis l’idée européenne avant d’être fusillé à la Libération pour sa collaboration avec l’occupant.
Notre Temps désire représenter la génération marquée par la Grande Guerre. La revue promeut le « réalisme » dans les débats sur la réforme de l’Etat et défend une politique de conciliation pour garantir la paix. Partisan de l’idée européenne, Notre Temps se fait le chantre du briandisme et le promoteur du rapprochement franco-allemand avec comme partenaire majeur Otto Abetz, le futur ambassadeur du Reich à Paris après la défaite de 1940.
Mais l’unité autour des mots d’ordre permet une large variété d’opinions chez ses principaux contributeurs tels que Bertrand de Jouvenel, Louis Martin-Chauffier ou Pierre Brossolette. Ce portrait de groupe révèle alors les échelles de valeurs de chacun, prélude à leurs engagements durant le second conflit mondial.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Quatrième partie. Les vicissitudes d’un journal dans les remous des années trente

Extract

Quatrième partie Les vicissitudes d’unjournal dans les remous des années trente 1933-1934, Notre Temps quotidien Chapitre premier I. Notre Temps, un quotidien radical? A. U njoum al au service du pouvoir radical a) La composition de Notre Temps quotidien Notre Temps quotidien se compose de quatre pages sur six colonnes. II est vendu le soir daté du lendemain et coüte vingt-cinq centimes avec un tirage de 15 000 exemplaires. II voit le jour grace à la hausse des subventions gou- vemementales qui atteignent 100 000 francs mensuels1. En conséquence de celle-ci, Edouard Pfeiffer codirige le journal avec Jean Luchaire. Pfeiffer est secretaire général du Parti radical en 1927, il démissionne au moment de l’élection de Léon Blum à Narbonne car il n ’admet pas l ’immobilisme de Daladier en cette occasion2. Secretaire général du quotidien La République en 1931, il est appelé auprès de Daladier à la présidence du Conseil le 31 janvier 1933. Absent jusqu’ici de l’entourage de Luchaire, Pfeiffer aurait permis l’apport de fonds privés3 tandis que sa position offrait une garantie à Daladier quant à l’utilisation des subventions gouvemementales. Hormis cette arrivée, l’équipe ne varié guére et Jacques Chabannes est toujours ré- dacteur en chef. L’éditorial est rédigé altemativement par les deux directeurs. A ses cotés, la rubrique «Tribune libre» est ouverte aux députés, le plus souvent radicaux et réguliérement néo-socialistes. Brossolette rédige un...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.