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Subjonctif, gérondif et participe présent en français

Une pragmatique de la dépendance verbale

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Alain Rihs

De quelle nature est le sens du subjonctif, du gérondif et du participe présent ? Comment celui-ci est-il construit en contexte ? Quelle place spécifique chacune de ces formes verbales occupe-t-elle au sein du système linguistique que constitue la langue française ? En quels termes peut-on décrire la relation de dépendance représentationnelle inhérente à la subordination syntaxique ?
L’auteur de cet ouvrage propose des réponses inédites à ces questions. Il s’emploie à réunir l’ensemble des effets de sens épars déclenchés par ces formes autour de valeurs expressives invariantes, définies sous la forme de contraintes interprétatives ; à travers de nombreux exemples, il montre que l’observation de ces dernières conduit à l’élaboration d’un sens approprié aux divers contextes énonciatifs. Une telle étude l’amène à aborder de front un ensemble de problématiques cruciales en linguistique, en particulier celle de l’interface entre sémantique et pragmatique et celle des enjeux cognitifs liés au traitement de l’information.

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Introduction 1

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. Double prédication et calcul du sens Dans ce travail, nous tenterons de caractériser le type de représentation que génèrent les formes verbales non autonomes du français. Le gérondif, le participe présent et le subjonctif retiendront notre intérêt. Une forme verbale non autonome a pour propriété fondamentale de ne pas pouvoir servir comme flexion d’une proposition indépendante ; elle apparaît ainsi exclusivement dans une subordonnée, et forme avec une prédication principale subordonnante une proposition complexe. Or, la non-autonomie syntaxique s’accompagne systématiquement d’une non- autonomie d’ordre représentationnel : la forme non autonome est indéter- minée du point de vue temporel, et c’est seulement dans le cadre d’une mise en relation avec la principale qu’elle acquiert les coordonnées qui lui font défaut a priori et qui sont nécessaires à l’établissement d’un sens proposi- tionnel. Cette sujétion représentationnelle s’observe, par exemple, dans les énoncés suivants : (1a) Paul croisa Marie en faisant son jogging. (1b) En rentrant chez lui, Paul se sert un whisky. (2a) Sautant par la fenêtre, il retomba sur ses pieds. (2b) Contemplant l’océan, Paul pense à Marie. (3a) Je fus surpris qu’elle soit là. (3b) Je suis content qu’elle soit là. Ces exemples montrent que c’est sur la base du temps verbal du prédicat principal que la référence temporelle du procès subordonné est calculée : en (1a), (2a) et (3a), la prédication...

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