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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.

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Idée du projet Notre projet de recherche est axé sur les liens entre, premièrement, les représentations de soi et de l’autre (ou des « autres ») et des langues et, deuxièmement, les dynamiques de cohabitation entre des franco- phones, des germanophones et des acteurs ayant connu la migration à l’intérieur de deux communes bi-plurilingues situées hors de centres urbains du Canton de Fribourg. S’il est né d’un concours de circons- tances particulières, il n’est cependant pas tout à fait le fruit du hasard non plus. Née au Québec, nous sommes issue d’une famille essentielle- ment francophone et avons toujours connu un environnement fran- cophone (lieux d’habitation, écoles, amis, travail). Après avoir fait un baccalauréat (Bachelor) en histoire à l’Université Laval (Québec), nous avons poursuivi notre formation académique en nous inscrivant à la maîtrise (Master) d’histoire, sous la direction d’une ethnologue, la Professeure Lucille Guilbert. A cette époque, nous étions fermement convaincue par la cause indépendantiste du Québec : nous étions alors fortement intéressée par les revendications identitaires de francophones qui se trouvent mino- risés dans un Canada majoritairement anglophone et par les questions de rapports de forces entre les francophones et les anglophones et ce, tant au Québec qu’au Canada. Ce n’est donc pas vraiment par une simple coïncidence que notre mémoire de maîtrise avait pour thème les dynamiques identitaires et relationnelles de jeunes francophones travaillant au sein des institutions fédérales...

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