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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.

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Partie 2: Cadre méthodologique

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Partie 2 Cadre méthodologique Cette deuxième partie est consacrée à notre cadre méthodologique. Nous intéressant aux représentations des différents acteurs commu- naux, ainsi qu’aux dynamiques relationnelles entre les groupes, nous nous inscrivons résolument dans une perspective méthodologique qualitative. C’est pour cette raison que nous avons choisi de mener des entretiens avec nos interlocuteurs, entretiens que nous inscrivons dans l’approche compréhensive. Toujours dans cette perspective qualitative, nous allons voir que la démarche proposée par le cou- rant de la Grounded Theory – ainsi que l’analyse inductive générale qui s’inspire de cette approche – conçoit que théorie et terrain sont connectés l’un à l’autre, puisque ce sera à partir du terrain que la théorie prendra forme, et proposera des moyens pour approfondir les analyses. Nous verrons aussi en quoi cette particularité convient à notre propre terrain d’étude. Cette deuxième partie est donc divisée en deux. Le premier cha- pitre offre tout d’abord des précisions sur notre cadre méthodologique. Alors que nous traitons des perspectives scientifiques méthodolo- giques qui nous ont inspirées pour notre recherche, ainsi que des dif- férents biais dont il faut tenir compte dans une démarche qualitative, nous présentons ensuite notre propre contexte de terrain. C’est ainsi que nous apportons des éclairages plus particuliers sur la constitution de nos corpus, sur les difficultés rencontrées, sur les biais possibles ainsi que sur nos grilles d’entretien. Nous terminons...

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